Thales double sa production de sonars face aux tensions navales
Thales double sa production de sonars face aux tensions navales

À Brest, à quelques kilomètres de la base des sous-marins nucléaires français, les ateliers de Thales tournent à plein régime. Le groupe français de haute technologie a décidé de doubler sa capacité de production de sonars Captas d’ici 2026, face à une explosion de la demande mondiale.

Un outil stratégique face à la menace sous-marine

Les sonars Captas, véritables « oreilles des océans », sont devenus l’un des produits phares de Thales. Utilisés par dix-sept marines, dont celle des États-Unis, ces systèmes de détection sont capables d’identifier les sous-marins ennemis à très grande distance grâce à des ondes de basse fréquence. Le centième exemplaire vient d’être vendu, confirmant la domination du groupe sur ce marché clé de la défense. « Pour tenir compte de l’augmentation des commandes, la production sera multipliée par deux à deux et demi entre 2024 et 2026 », précise Emmanuel Michaud, vice-président du secteur sous-marins. La guerre en Ukraine et la posture offensive de la Russie ont relancé les investissements dans la lutte anti-sous-marine, un domaine jugé essentiel à la dissuasion.

Une filière d’excellence et un marché en expansion

À Brest, Thales emploie déjà plus de 1 800 personnes et prévoit 120 embauches supplémentaires en 2025. Outre les Captas, l’entreprise développe des outils de guerre des mines de nouvelle génération, comme le sonar Tsam, tracté par drone, capable de repérer un objet de la taille d’une carte bancaire sous l’eau. Le groupe mise aussi sur ses bouées sonar Sonoflash, larguées depuis des hélicoptères pour affiner la détection et guider les tirs. Ces innovations s’inscrivent dans le programme franco-britannique MMCM, destiné à remplacer les anciens chasseurs de mines par des systèmes autonomes. Si la concurrence s’intensifie, notamment avec le franco-belge Exail, spécialisé dans les drones marins, Thales conserve un avantage technologique majeur : sa capacité d’intégration complète des systèmes, des capteurs aux logiciels d’analyse. « La demande mondiale pour ces technologies explose, c’est un marché hautement stratégique », souligne l’expert défense Xavier Tytelman. En mer comme dans les airs, la discrétion reste la meilleure arme et Thales s’impose plus que jamais comme le maître du son sous les vagues.

Que retenir rapidement ?

À Brest, à quelques kilomètres de la base des sous-marins nucléaires français, les ateliers de Thales tournent à plein régime. Le groupe français de haute

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