Vol massif de pièces détachées chez Stellantis : deux intérimaires interpellés à Vesoul @wikipedia commons
Vol massif de pièces détachées chez Stellantis : deux intérimaires interpellés à Vesoul @wikipedia commons

Le géant automobile européen traverse une zone de turbulences. Après avoir enchaîné les annonces difficiles ces derniers mois, Stellantis a confirmé l’arrêt temporaire de ses chaînes à Mulhouse et Sochaux. Les deux sites, symboles de l’industrie française, se retrouvent frappés de plein fouet par un contexte morose. À Mulhouse, l’arrêt de l’unité terminale qui assemble les Peugeot 308, 408 et DS7 durera une semaine entière, du 27 octobre au 2 novembre. La décision, révélée lors d’un Comité social et économique, est présentée par la direction comme la conséquence directe d’un marché européen en berne et d’une concurrence tarifaire jugée féroce. Le syndicat CFE-CGC y voit au contraire une nouvelle étape d’une lente dégradation industrielle, avec des conséquences tangibles sur l’emploi et la stabilité des sites. Environ 2.000 salariés sur les 4.700 du site seront mis à l’arrêt forcé.

Sochaux, victime des fournisseurs

À Sochaux, ce n’est pas la demande qui manque mais l’approvisionnement. L’usine, qui produit plus de mille véhicules par jour (principalement les Peugeot 3008 et 5008), doit composer avec des difficultés liées aux versions hybrides rechargeables et Long Range. Les fournisseurs ne suivent pas, ce qui désorganise la chaîne. Résultat : plusieurs jours chômés, notamment les vendredis 10, 17 et 24 octobre ainsi que certaines nuits de production. Sur les 6.500 employés du site, 2.500 sont concernés. La direction insiste sur la nécessité d’adapter les cadences aux capacités réelles des sous-traitants et de gérer les stocks pour éviter l’accumulation avant la fin de l’année. Côté syndicats, la réaction est amère. La CGT évoque un « véritable coup » pour les ouvriers et chiffre la perte à 16 % du salaire par jour chômé. Dans un contexte où le coût de la vie explose, le sacrifice est lourd à porter pour des familles déjà fragilisées.

Une industrie sur la corde raide

Ces arrêts illustrent les tensions qui traversent l’ensemble du secteur automobile européen. La transition vers l’électrique impose des choix industriels radicaux, alors même que les ventes patinent et que la guerre des prix grignote les marges. Pour Stellantis, qui gère 14 marques allant de Peugeot à Fiat en passant par Citroën et Opel, la stratégie reste de tenir le cap, quitte à multiplier les pauses forcées sur ses chaînes. Mais dans les ateliers, le moral s’effrite. Les salariés redoutent que ces interruptions ponctuelles deviennent la norme. Et si l’avenir de l’automobile se joue dans les hautes sphères stratégiques, c’est bien sur le béton des usines de Sochaux et Mulhouse que se mesure, au quotidien, la fragilité d’un mastodonte industriel confronté à ses propres limites.

Que retenir rapidement ?

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