L’Institut national de la statistique publie une analyse détaillée des foyers français les plus aisés, un groupe extrêmement restreint qui représente environ un foyer sur mille. Pour définir ces « très hauts revenus », l’Insee considère l’ensemble des ressources imposables, les prestations sociales et la composition du ménage, après déduction des impôts directs. En 2022, un foyer dépassait ce seuil lorsqu’il percevait plus de 463 000 euros par an. Cette population, évaluée à un peu plus de quarante mille foyers, se concentre très largement en Île-de-France, où près de la moitié réside. Le profil type se dessine nettement : la quasi-totalité des membres de ce groupe vit en couple, marié ou pacsé, et les travailleurs indépendants ou cadres dominent largement. Les revenus proviennent de sources variées, qu’il s’agisse de salaires, pensions, bénéfices professionnels, revenus fonciers ou capitaux mobiliers. Leur place dans l’économie se voit dans la structure de leurs gains, plus sensibles aux aléas conjoncturels mais beaucoup plus diversifiés que ceux du reste de la population. Dans le classement des salaires les plus élevés, un élément inattendu ressort : plus d’un tiers du top 100 est constitué de sportifs professionnels.
Un écart de revenus qui s’est creusé en vingt ans
Les données montrent un renforcement des inégalités sur deux décennies. En 2003, les foyers à très hauts revenus percevaient en moyenne vingt-et-une fois ce que touchaient les autres foyers ; en 2022, cet écart grimpe à trente-et-une fois. Par rapport aux foyers les plus modestes, l’écart est encore plus marqué, passant de quatre-vingt-quinze fois en 2003 à cent soixante-sept fois en 2022. Les très hauts salaires, au-delà de dix mille euros nets mensuels, restent fortement masculins : les femmes ne représentent qu’un quart de ce groupe, alors qu’elles constituent près de la moitié des salariés à temps plein. L’étude amplifie donc l’idée que les rémunérations les plus élevées s’accompagnent encore de disparités de genre importantes.
Revenus élevés et patrimoine conséquent : un cumul fréquent chez les plus aisés
L’Insee distingue enfin les ménages disposant à la fois d’un « haut niveau de vie » et d’un « haut patrimoine ». Cette catégorie inclut les personnes seules disposant de plus de 39 100 euros par an après impôts et vivant dans un foyer dont les biens dépassent sept cent seize mille euros. Ce groupe, qui rassemble une partie importante des ménages les plus aisés, présente des caractéristiques communes : la moitié a entre cinquante et soixante-neuf ans, la majorité exerce une activité de cadre ou d’indépendant, et près d’un sur deux vit en couple sans enfant. Paris et sa région concentrent une proportion notable de ces situations, en lien avec les niveaux de revenus et la valeur immobilière. Selon l’Insee, les inégalités de patrimoine dépassent aujourd’hui les inégalités de niveau de vie, et la hausse continue des prix de l’immobilier a contribué à accentuer encore ces écarts au sein de la société française.