La SNCF a levé le voile sur une nouvelle étape de sa stratégie low-cost. Dès 2027, une liaison Ouigo reliera chaque jour Lyon à Bordeaux en environ cinq heures, avec une série d’arrêts qui contourne le Massif central. Le train passera par Massy en région parisienne, puis Saint-Pierre-des-Corps, Poitiers et Angoulême, un choix de tracé qui provoque déjà la colère des élus du centre de la France, une région qu’ils jugent une fois encore ignorée par l’entreprise ferroviaire.
Un réseau Ouigo en pleine expansion
Cette nouvelle desserte s’inscrit dans une manœuvre beaucoup plus large : d’ici 2030, Ouigo prévoit d’augmenter de 30 % son nombre de rames, de places et de voyageurs. La SNCF veut atteindre les 200 millions de passagers transportés sur son réseau TGV européen, incluant Inoui et Eurostar. Pour y parvenir, l’opérateur va recycler en profondeur les rames libérées par Inoui, remplacées à terme par du matériel Alstom plus récent. Une flotte portée à 50 trains, contre 38 aujourd’hui, doit permettre d’absorber la demande et d’ouvrir de nouvelles lignes tout en abaissant les coûts.
Une offre élargie dès 2026
Avant cette grande étape de 2027, plusieurs nouveautés verront le jour. À partir du 14 décembre, une liaison Ouigo quotidienne Paris Hendaye ouvrira via Bordeaux, Dax, Bayonne et Biarritz, renforçant l’attractivité du littoral basque pour les voyageurs à petit budget. Les lignes Paris Rennes et Paris Montpellier via Lyon-Saint-Exupéry bénéficieront également d’un renforcement des fréquences, avec notamment un troisième aller retour à grande vitesse vers la Bretagne. Cette montée en puissance de l’offre low-cost permet à la SNCF de capter toujours plus de voyageurs sur les longues distances. Reste à voir si les critiques récurrentes des territoires délaissés finiront par infléchir la stratégie de l’entreprise publique, au moment où elle renforce pourtant son maillage sur les axes les plus fréquentés.