L’UFC Que Choisir publie ce mardi une étude dressant un constat préoccupant : l’année 2024 figurait parmi les plus coûteuses jamais enregistrées en matière d’aléas climatiques depuis la création du régime CatNat en 1982. Les sinistres liés aux intempéries, sécheresses ou inondations avaient représenté près de cinq milliards d’euros pour les assureurs, tandis que plus de quatre millions de dossiers étaient indemnisés au titre de l’assurance habitation pour un montant cumulé de huit milliards d’euros. L’association soulignait que cette hausse spectaculaire des dommages climatiques mettait désormais « à rude épreuve » le modèle assurantiel français, au point de fragiliser directement les consommateurs. Pour les ménages, la facture grimpait brutalement. La surprime CatNat, payée par tous les assurés, bondissait en deux ans de vingt-cinq à quarante-deux euros en moyenne. Dans les cas de sécheresse, qui provoquaient des fissures sur les maisons et figuraient parmi les sinistres les plus coûteux, la franchise légale était multipliée par quatre pour atteindre mille cinq cent vingt euros. Au même moment, l’association observait une réduction progressive des garanties, avec des clauses d’exclusion de plus en plus fréquentes, notamment pour « défaut d’entretien », notion jugée floue et parfois utilisée pour refuser des indemnisations pourtant liées à des phénomènes clairement climatiques.
Territoires inégalement exposés et risques d’inassurabilité
L’UFC Que Choisir pointait aussi un accroissement des disparités géographiques. À profil identique, la prime d’assurance pouvait varier du simple au double d’une commune à l’autre, reflet d’une exposition différenciée aux risques climatiques. Dans certaines zones jugées trop vulnérables, comme des secteurs touchés par des épisodes répétés de sécheresse ou d’inondations, des ménages rencontraient déjà des difficultés à obtenir un contrat à un prix raisonnable, voire à obtenir une proposition d’assurance tout court. L’association alertait sur le risque de voir certains territoires glisser vers une forme d’« inassurabilité », situation où les assureurs restreignaient leur offre face à un niveau de sinistralité devenu trop élevé. Pour éviter cet éclatement du système, l’UFC appelait à une réforme d’urgence du modèle assurantiel. Elle plaidait pour une obligation pour les assureurs nationaux de couvrir l’ensemble du territoire, afin de prévenir toute exclusion géographique, et demandait une révision du régime CatNat pour garantir une meilleure lisibilité des franchises, une plus grande transparence des contrats et une protection effective des ménages les plus exposés. Alors que les événements climatiques extrêmes se multipliaient, l’association estimait que seule une refonte globale pouvait préserver un accès équitable à l’assurance habitation, devenu un enjeu central de solidarité nationale.