Un vaste regroupement de représentants du commerce en France vient d’engager une procédure judiciaire visant la plateforme de vente en ligne Shein. Le collectif, qui réunit des fédérations issues aussi bien de la grande distribution que de l’habillement ou du jouet, entend dénoncer ce qu’il qualifie de pratiques de « concurrence déloyale ». Le détaillant chinois, pour sa part, voit dans cette démarche une « tentative de boycott ».
Les fédérations accusent Shein de contourner les règles françaises
Dans une déclaration commune, les organisations à l’origine du recours affirment que le fonctionnement de Shein « repose sur le non-respect des réglementations applicables à tous les acteurs implantés en France ». Ce front uni rassemble notamment le Conseil du commerce de France, la Fédération du commerce et de la distribution, ainsi que plusieurs instances représentant les secteurs du textile et de l’habillement, dont l’Alliance du commerce, la FFPAPF, l’Ufimh, l’UIT et la Fédération de la maille, de la lingerie et du balnéaire.
Le mouvement associe également des fédérations de la bijouterie, du jouet, de la franchise et du commerce en ligne. De nombreuses enseignes ont choisi de se joindre à l’action, parmi lesquelles Coopérative U, Promod, Monoprix, Grain de Malice ou encore Besson. Ensemble, elles déclarent vouloir « rétablir une concurrence loyale fondée sur le respect du droit » et réclament la « reconnaissance du préjudice économique subi » ainsi que « l’octroi de dommages et intérêts proportionnés à ces pertes ».
La plateforme chinoise rejette les accusations
Shein a répondu par la voix d’un porte-parole, estimant que « cette accusation est infondée ». Le groupe affirme regretter que les organisations professionnelles « privilégient la confrontation judiciaire plutôt qu’un dialogue constructif ».
La plainte est déposée alors que l’essor exceptionnel de Shein continue de susciter des interrogations, tant sur son modèle logistique que sur son respect des normes en vigueur sur le marché européen. Ces derniers mois, plusieurs acteurs institutionnels et politiques ont appelé à un contrôle renforcé des pratiques des plateformes internationales de vente à bas prix. Des enquêtes ou prises de position publiques ont déjà dénoncé les conditions de production, de la sécurité des produits ou des écarts potentiels avec les obligations fiscales et douanières applicables dans l’Union européenne.