Le groupe français Alstom renforce sa présence en Amérique latine avec la signature d’un contrat majeur au Mexique. Les chemins de fer mexicains ont officialisé l’achat de 47 trains pour un montant global de 920 millions d’euros, un marché qui inclut également la maintenance du matériel sur une période de cinq ans. L’annonce a été faite vendredi 26 décembre par l’entreprise, à l’issue de la conclusion de l’accord avec l’agence de régulation du transport ferroviaire mexicain. Le contrat porte sur deux types de matériel roulant. Il comprend 33 trains longue distance de type Intercités, destinés à assurer des liaisons nationales, ainsi que 14 trains périurbains conçus pour répondre aux besoins de mobilité autour des grandes agglomérations. Ces rames fonctionneront au diesel et seront déployées sur des lignes non électrifiées, avec une vitesse maximale annoncée d’environ 165 kilomètres par heure. Ce marché s’inscrit dans la stratégie mexicaine de modernisation et d’extension de son réseau ferroviaire, dans un pays où le rail retrouve progressivement une place centrale pour les déplacements de passagers. Pour Alstom, il s’agit d’un contrat structurant, à la fois par son montant et par son ancrage industriel local.
Une production largement localisée au Mexique
Selon les précisions fournies par le groupe, plus des trois quarts du contenu de ces trains seront fabriqués au Mexique. L’assemblage se fera notamment sur le site de Ciudad Sahagún, situé non loin de Mexico, qui constitue le premier site d’assemblage d’Alstom en Amérique du Nord. Cette implantation industrielle, déjà stratégique pour le groupe, devrait être encore renforcée par l’exécution de ce contrat. L’entreprise met en avant les retombées économiques du projet. La fabrication et la maintenance des trains devraient permettre de créer et de maintenir plusieurs centaines d’emplois, notamment dans les domaines de l’ingénierie, de la gestion de projet et du secteur manufacturier. Le groupe souligne également l’effet d’entraînement attendu sur le tissu industriel local, avec un recours accru à des fournisseurs mexicains spécialisés. Du côté d’Alstom, ce contrat est présenté comme un levier de développement pour l’ensemble de la filière ferroviaire mexicaine. La direction régionale de l’entreprise estime que ce projet contribue à stimuler l’industrie nationale, à renforcer la spécialisation technique des acteurs locaux et à consolider un réseau de sous-traitants déjà bien implanté autour du site de Ciudad Sahagún. Sur le plan stratégique, cette commande confirme l’importance croissante de l’Amérique latine dans le carnet de commandes du groupe français. Alstom y multiplie les projets, profitant des investissements engagés par plusieurs États pour moderniser leurs infrastructures de transport et répondre aux enjeux de mobilité durable et de désenclavement territorial. Pour le Mexique, l’acquisition de ces 47 trains marque une étape supplémentaire dans la relance du transport ferroviaire de passagers, longtemps délaissé au profit de la route. Pour Alstom, elle consolide une position industrielle déjà forte dans la région et renforce son rôle de partenaire clé des autorités mexicaines dans le développement du rail.