Le patron d’une entreprise industrielle de Louisiane a choisi de faire de la cession de sa société un événement hors norme. Graham Walker, PDG de Fibrebond, a conditionné la vente de l’entreprise à Eaton à un engagement ferme : reverser une part substantielle du produit de la transaction aux salariés qui ont contribué à son succès.
Conclue pour environ 1,7 milliard de dollars, l’opération prévoit ainsi la redistribution de 15 % de la somme, soit près de 240 millions de dollars, au bénéfice des 540 employés. La prime, versée progressivement sur cinq ans et sous condition de maintien dans l’entreprise, représente en moyenne plus de 440 000 dollars par salarié à temps plein.
Une reconnaissance après des années de crises et de rebond
Fondée en 1982, Fibrebond a traversé plusieurs périodes difficiles, entre l’incendie total de son usine à la fin des années 1990 et la crise liée à l’éclatement de la bulle Internet. Ces dernières années, l’essor de la demande en équipements électriques liés au développement de l’intelligence artificielle a toutefois dopé l’activité et la valeur de l’entreprise.
Une partie des primes a déjà été versée, permettant à certains salariés de rembourser des dettes, financer des projets personnels ou soutenir leur famille. Le dirigeant, qui quittera ses fonctions fin janvier, a expliqué avoir voulu reconnaître l’engagement de ses équipes sur le long terme, estimant que cette redistribution constituait une forme de justice sociale rarement observée lors de grandes opérations financières.