L’opérateur canadien Enbridge a approuvé une série de projets d’expansion représentant 1,4 milliard de dollars pour ses oléoducs Mainline et Flanagan South, afin d’accroître les exportations de pétrole brut vers les États-Unis. Cette décision confirme le rôle central du marché américain pour l’industrie pétrolière canadienne, alors que la production atteint des niveaux records.
Les travaux prévoient une augmentation de 250 000 barils par jour de la capacité de transport de pétrole lourd canadien vers le Midwest et la côte du Golfe du Mexique. Selon l’entreprise, cette capacité supplémentaire devrait entrer en service d’ici 2027. Enbridge examine également la possibilité d’une deuxième phase d’expansion du réseau Mainline, qui pourrait ajouter encore 250 000 barils par jour.
Alors que le Canada exporte 90 % de son pétrole vers les États-Unis, Ottawa cherche à diversifier ses débouchés en raison de l’imprévisibilité des politiques commerciales de Washington. Mais pour Enbridge, l’option américaine reste la plus rationnelle. « C’est là que se trouve le plus grand complexe de raffinage au monde », a déclaré Colin Gruending, vice-président exécutif d’Enbridge, soulignant l’appétit persistant du marché américain pour le brut canadien.
La production pétrolière du Canada a atteint un record de 5,1 millions de barils par jour l’an dernier, et une croissance supplémentaire de 500 000 à 600 000 barils par jour est prévue d’ici la fin de la décennie. En parallèle, l’Alberta étudie la possibilité de construire un nouvel oléoduc vers la côte nord-ouest de la Colombie-Britannique pour accéder au marché asiatique, mais aucune entreprise privée ne s’est engagée à financer un tel projet.
Le seul axe permettant d’acheminer le pétrole canadien vers l’Asie reste l’oléoduc Trans Mountain, propriété du gouvernement fédéral, qui a triplé sa capacité après une expansion à 34 milliards de dollars canadiens. De nouveaux projets pourraient encore augmenter sa capacité de 200 000 à 300 000 barils par jour d’ici 2029.
En combinant l’extension de Trans Mountain et les projets d’Enbridge vers les États-Unis, la capacité totale devrait suffire à absorber la croissance attendue de la production jusqu’à la fin de la décennie. Gruending précise toutefois que, si les obstacles réglementaires au Canada étaient assouplis, Enbridge serait prête à lancer de nouvelles expansions vers le sud avant d’envisager un nouveau pipeline vers la côte ouest.