Nouvelles heures creuses : la France reprogramme sa consommation électrique @pixnio
Nouvelles heures creuses : la France reprogramme sa consommation électrique @pixnio

Fini le matelas protecteur qui permettait de garder une part de l’électricité nucléaire vendue à prix cassé. À partir du 1er janvier 2026, EDF et les fournisseurs vont jouer à découvert : toute l’électricité passera désormais par le marché. De quoi alimenter les pires craintes pour le portefeuille des ménages, déjà secoué par des hausses à répétition ces dernières années. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) tente pourtant de calmer le jeu. Sa présidente, Emmanuelle Wargon, insiste sur un contexte favorable : la France bénéficie actuellement de prix parmi les plus bas d’Europe. Les tarifs réglementés, choisis par près de six foyers sur dix, devraient donc rester stables. Une nuance cependant : tout dépendra de la fiscalité décidée par le gouvernement, car une hausse de taxes pourrait vite annuler ce fragile équilibre.

Entre stabilité affichée et vigilance conseillée

Pour les abonnés ayant opté pour une offre de marché, la prudence reste de mise. Certaines formules pourraient connaître de petites hausses, selon la nature des contrats. La CRE encourage donc les clients à surveiller attentivement leurs factures et à comparer les offres, quitte à changer de fournisseur si la hausse devenait trop marquée. La question demeure : que se passera-t-il si le marché s’emballe, comme en 2022, avec une flambée des prix de gros ? Le nouveau dispositif prévoit un mécanisme de protection. Si EDF vendait trop cher, une taxe viendrait ponctionner ses recettes et une partie de cette manne serait restituée aux consommateurs. Problème : ni le seuil de déclenchement ni la méthode de redistribution n’ont encore été fixés. Autrement dit, la promesse de compensation existe, mais reste floue.

Un prix de production qui fixe les repères

EDF produit actuellement son électricité nucléaire à un coût estimé autour de 60 euros le mégawattheure. Les premiers contrats signés pour 2026 annoncent un prix moyen de vente à 66 euros. De quoi éloigner le spectre d’un prélèvement massif et rendre improbable l’activation du mécanisme de réversion dès la première année. En résumé, 2026 ne devrait pas rimer avec explosion immédiate des factures. Mais la sérénité promise dépendra autant de la stabilité des marchés que des arbitrages fiscaux du gouvernement. Et dans un secteur où la moindre secousse se traduit directement sur la note du client, il faudra plus que des paroles rassurantes pour convaincre les Français que cette réforme n’est pas une nouvelle bombe à retardement.

Que retenir rapidement ?

Fini le matelas protecteur qui permettait de garder une part de l’électricité nucléaire vendue à prix cassé. À partir du 1er janvier 2026, EDF et les fourn

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