Ça ne gaze plus chez Perrier et nulle part chez Nestlé - 16 000 emplois supprimés dans le monde (flickr)
Ça ne gaze plus chez Perrier et nulle part chez Nestlé - 16 000 emplois supprimés dans le monde (flickr)

C’est un séisme dans l’industrie agroalimentaire mondiale. Le géant suisse Nestlé a annoncé, jeudi 16 octobre, la suppression de 16 000 postes d’ici fin 2027, soit près de 8 % de ses effectifs totaux. Une décision radicale, motivée par la volonté de réduire ses coûts dans un contexte de ralentissement des ventes et de pression accrue sur les marges.

Un plan social mondial pour relancer la rentabilité

Le nouveau directeur général du groupe, Philipp Navratil, entré en fonction en septembre, a présenté ce plan lors de la publication des résultats du troisième trimestre. Sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires de Nestlé a reculé de 1,9 %, à 65,9 milliards de francs suisses (environ 71 milliards d’euros). Face à ce repli, l’entreprise vise désormais 3 milliards de francs suisses d’économies annuelles d’ici 2027, contre 2,5 milliards précédemment. Le programme de restructuration prévoit la suppression de 12 000 postes administratifs à travers le monde, notamment dans les sièges régionaux et les fonctions transversales. S’y ajoutent 4 000 emplois concernés par des mesures déjà en cours dans la production et la logistique. « Le monde évolue et Nestlé doit s’adapter plus rapidement, même si cela implique de prendre des décisions difficiles », a déclaré Philipp Navratil, cité dans le communiqué du groupe.

Un marché qui salue la rigueur de la nouvelle direction

Cette annonce intervient dans un contexte délicat pour la multinationale, propriétaire de plus de 2 000 marques emblématiques, parmi lesquelles Perrier, Nescafé, Maggi et KitKat. Confronté à la stagnation de ses ventes et à une concurrence plus agressive, Nestlé cherche à regagner la confiance des investisseurs. L’effet a été immédiat : le titre a bondi de plus de 8 % à la Bourse de Zurich après l’annonce. Le groupe, secoué ces derniers mois par des turbulences internes,  le limogeage de son ancien directeur général, Laurent Freixe, et le départ anticipé du président Paul Bulcke, espère que cette cure d’austérité restaurera sa stabilité financière et stratégique. Philipp Navratil, ancien patron de Nespresso, incarne une ligne plus directe : rationaliser les structures, recentrer les activités les plus rentables et redonner de la vigueur à une entreprise plombée depuis la flambée inflationniste de 2022 et les polémiques sur la qualité de ses eaux embouteillées. Pour les 16 000 salariés concernés, cette « adaptation » risque toutefois de laisser un goût amer. Derrière la reprise boursière, c’est une réorganisation mondiale d’une ampleur historique qui s’annonce, symbole d’un géant de l’agroalimentaire en quête d’un nouveau souffle.

Que retenir rapidement ?

C’est un séisme dans l’industrie agroalimentaire mondiale. Le géant suisse Nestlé a annoncé, jeudi 16 octobre, la suppression de 16 000 postes d’ici fin 20

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