Brandt en redressement judiciaire, l’électroménager français cherche un sauveur
Brandt en redressement judiciaire, l’électroménager français cherche un sauveur

Un siècle d’histoire industrielle et un nom familier des cuisines françaises : malgré ce poids symbolique, Brandt vient d’être placé en redressement judiciaire. Le tribunal des activités économiques de Nanterre a ouvert, le 1er octobre, une procédure visant à geler les dettes et à maintenir l’activité le temps de trouver un repreneur. L’objectif est clair : attirer un partenaire financier capable d’assurer la survie de l’un des derniers grands fabricants d’électroménager en France. L’entreprise, qui emploie 750 personnes dans l’Hexagone et possède quatre usines (à Orléans, Vendôme, Saint-Ouen et Rueil-Malmaison), fabrique sous ses propres couleurs mais aussi pour Vedette, Sauter et De Dietrich. Son portefeuille prestigieux ne l’a pas protégé de la tempête : la crise de l’immobilier, qui freine les achats d’équipements de cuisine et de gros électroménager, a provoqué une nouvelle baisse du marché en 2024. Après des années d’efforts pour retrouver l’équilibre, Brandt se retrouve de nouveau en quête d’oxygène.

Une survie suspendue aux investisseurs

Depuis plusieurs mois, la direction s’est lancée dans une course contre la montre pour attirer un partenaire. Le redressement judiciaire, demandé par le groupe lui-même, doit servir de catalyseur en gelant les créances et en rassurant d’éventuels investisseurs. Selon un porte-parole, « plusieurs pistes sérieuses » sont à l’étude et pourraient se concrétiser rapidement. Racheté en 2014 par le groupe algérien Cevital, Brandt avait engagé une restructuration profonde, recentrant ses gammes et misant sur l’international. L’entreprise reste présente dans 36 pays et revendique 260 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 70 % encore réalisés en France. Mais la pression du marché, conjuguée aux difficultés de financement, a rattrapé la marque, qui se retrouve désormais à la croisée des chemins.

Un symbole industriel en péril

L’affaire Brandt illustre les fragilités d’un secteur où l’implantation locale résiste de plus en plus difficilement à la concurrence mondiale. Avec ses sites en Centre-Val de Loire et en Île-de-France, l’entreprise incarne pourtant l’un des derniers bastions de la production d’électroménager en France. Pour les salariés, le redressement judiciaire est une épée de Damoclès, mais il ouvre aussi une fenêtre : celle de voir arriver un partenaire capable d’assurer la pérennité d’une marque encore solidement ancrée dans le quotidien des foyers. Dans les prochains mois, c’est donc la capacité de Brandt à séduire un repreneur qui décidera du sort de ses usines françaises. L’électroménager hexagonal joue ici une de ses dernières cartes.

Que retenir rapidement ?

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