C’est un mariage qui pourrait bousculer la carte de l’agroalimentaire français. Les coopératives Agrial et Terrena ont annoncé un projet de rapprochement stratégique, destiné à unir leurs forces et à donner naissance à un groupe pesant plus de 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Derrière cette alliance en gestation, on retrouve un portefeuille de marques familiales et connues du grand public : Breizh Cola, Père Dodu, Florette, Soignon ou encore Tipiak. Les deux structures expliquent vouloir capitaliser sur leurs complémentarités, en combinant filières animales et végétales, productions conventionnelles et bio, labels de qualité ou encore AOP. L’objectif affiché est double : renforcer la compétitivité face aux géants internationaux et consolider le modèle coopératif autour de leurs dizaines de milliers d’adhérents. Le projet reste toutefois à l’étude et devra passer plusieurs étapes, notamment le vote des assemblées générales, la consultation des représentants du personnel et l’aval de l’Autorité de la concurrence.
Une alliance territoriale et stratégique
Basée à Caen, Agrial revendique 12.000 adhérents et s’appuie sur ses 7,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires. À Ancenis, Terrena réunit 18.000 exploitations agricoles adhérentes, 13.000 salariés et 5,6 milliards d’euros de revenus. Ensemble, les deux coopératives représenteraient un acteur de premier plan, à la fois enraciné dans les territoires et capable de peser sur tous les segments du marché alimentaire. Pour Olivier Chaillou, président de Terrena, ce projet constitue une opportunité rare. Selon lui, l’agriculture fait face à une mutation profonde qui impose aux coopératives de prendre en main leur avenir. Côté Agrial, la direction met en avant la nécessité d’accompagner ses adhérents en leur offrant une valorisation plus solide de leurs productions, qu’elles soient animales ou végétales. Si cette union se concrétise, elle dessinera l’un des plus grands ensembles coopératifs du pays, à la croisée de l’élevage, des grandes cultures, de la transformation et des marques de consommation. Dans un contexte où les agriculteurs réclament davantage de soutien et de visibilité, l’annonce illustre la volonté de créer un champion capable de tenir tête aux mastodontes de l’agroalimentaire mondial.