Bond de l’inflation en février, consommation en hausse et emploi stable : les nouveaux chiffres de l’Insee
Bond de l’inflation en février, consommation en hausse et emploi stable : les nouveaux chiffres de l’Insee

L’inflation est repartie à la hausse en février. Après être tombée à 0,3 % en janvier, la hausse des prix à la consommation atteint 1,0 % sur un an, selon la première estimation publiée ce vendredi par l’Insee.

Ce rebond s’explique en partie par une baisse moins marquée des prix de l’énergie qu’un an plus tôt, notamment ceux de l’électricité qui avaient fortement reculé en février 2025. Les prix des produits manufacturés diminuent moins qu’en janvier, tandis que ceux de l’alimentation accélèrent sur un an.

Sur un mois, les prix progressent de 0,7 % en février, après un recul de 0,3 % en janvier. L’Insee attribue cette hausse au rebond saisonnier des services de transport ainsi qu’à la fin des soldes dans l’habillement et les chaussures, qui entraîne une remontée des prix des produits manufacturés.

L’indice harmonisé des prix à la consommation (IPCH), utilisé pour les comparaisons au sein de la zone euro, progresse de 1,1 % sur un an, encore loin de l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne.

La consommation des ménages repart

Autre indicateur publié ce vendredi : la consommation des ménages en biens a rebondi en janvier. Elle augmente de 0,5 % après un recul de 0,5 % en décembre.

La consommation de biens fabriqués progresse nettement (+1,0 %), portée notamment par l’habillement (+2,1 %) durant la période des soldes. Les biens durables (+0,9 %) et les autres biens fabriqués (+0,4 %) contribuent également à la reprise.

Les dépenses alimentaires augmentent de 0,6 %, tant sur les produits agricoles non transformés que sur les produits agroalimentaires. À l’inverse, la consommation d’énergie recule (-0,8 %), en raison notamment d’une forte baisse des achats de produits raffinés comme les carburants (-7,3 %). La consommation de tabac diminue aussi nettement.

Emploi quasi stable, chômage sous tension

Du côté du marché du travail, l’emploi salarié se stabilise au quatrième trimestre 2025 (-0,1 %). Sur un an, il recule de 0,2 %, soit 45 900 emplois en moins.

La baisse est plus marquée dans la fonction publique (-0,3 %) que dans le secteur privé (-0,1 %). La construction (-0,4 %) et le tertiaire non marchand (-0,3 %) enregistrent des replis, notamment dans l’enseignement et l’administration publique.

Les contrats en alternance diminuent encore (-0,8 % sur le trimestre et -4,2 % sur un an), ce qui contribue à la baisse de l’emploi des 15-29 ans (-0,3 %). En revanche, l’emploi continue de progresser chez les 55 ans et plus (+0,6 % sur le trimestre, +2,4 % sur un an).

Croissance confirmée en 2025

Enfin, l’Insee confirme une croissance de 0,2 % au quatrième trimestre 2025 et de 0,9 % sur l’ensemble de l’année. La consommation des ménages a accéléré sur la fin d’année (+0,4 %), tirée à la fois par les biens et les services, notamment les transports.

Dans le même temps, le taux d’épargne des ménages recule légèrement, passant sous la barre des 18 % pour s’établir à 17,9 %, tout en restant à un niveau élevé en comparaison européenne.

Ces indicateurs traduisent une économie française en phase d’ajustement : une inflation modérée mais en rebond, une consommation qui reprend progressivement et un marché du travail qui ralentit sans s’effondrer.

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