Au cinéma ce 21 janvier, Hamnet propose une plongée romanesque dans l’intimité de William Shakespeare, en imaginant comment un drame familial aurait pu irriguer l’une de ses œuvres les plus célèbres. Réalisé par Chloé Zhao, le film adapte le best-seller de Maggie O’Farrell (publié en 2020) et suit la relation entre le futur dramaturge, incarné par Paul Mescal, et son épouse Agnès, jouée par Jessie Buckley, dans l’Angleterre de la fin du XVIe siècle.
Une histoire d’amour avant la tragédie familiale
Le récit situe d’abord le couple à Stratford : Shakespeare, encore loin de la gloire, donne des leçons de latin, tandis qu’Agnès est décrite comme une femme indépendante, très liée à la nature et aux plantes. Le film retrace ensuite la naissance de leurs enfants —Susanna, puis les jumeaux Hamnet et Judith avant de basculer vers la disparition du garçon à l’âge de 11 ans, un événement dont la chronologie historique est connue (baptême et enterrement, le 11 août 1596, sont les rares repères établis). Cette mort devient le point de fracture : elle bouleverse les équilibres du foyer et pousse chacun à vivre le chagrin à sa manière, sur fond d’éloignement de Shakespeare parti tenter sa chance à Londres.
De la perte d’un enfant à la naissance d’un chef-d’œuvre
Le film explore surtout l’idée, jamais prouvée mais souvent évoquée, d’un lien entre le décès d’Hamnet et l’écriture de Hamlet, apparue quelques années plus tard. La mise en scène insiste sur la manière dont le deuil reconfigure une famille entière : la sœur aînée, la jumelle, mais aussi un couple qui peine à se retrouver. Jessie Buckley, déjà distinguée aux Golden Globes pour ce rôle, porte la trajectoire d’Agnès, notamment lorsque le film fait se rencontrer, de façon symbolique, la douleur intime et la fiction théâtrale — jusqu’à une séquence où l’on comprend ce que la pièce peut représenter pour celle qui reste, face à un texte devenu mondialement célèbre.