Le 3 février, le Grand Rex accueille l’unique avant-première française de Marty Supreme, le film de Josh Safdie avec Timothée Chalamet en champion de ping-pong. Pour cette séance-événement, la salle a mis en place une tarification “par zones” inhabituelle au cinéma : 18 euros au balcon, 25 euros en mezzanine, et une poignée de places affichées à 50 euros au parterre, ce qui a provoqué une vague de critiques sur les réseaux sociaux.
Une soirée “prestige” facturée comme un événement, pas comme une séance
Le directeur du Grand Rex Alexandre Hellmann défend une logique comparable à celle d’un concert : l’intérêt ne réside pas seulement dans la projection, mais dans la présence de la star et du réalisateur, avec tapis rouge et dispositif d’accueil. Dans une interview au Figaro, il affirme qu’une avant-première avec des talents américains représente “une perte totale” pour la salle et pour le distributeur, et chiffre l’organisation à “plusieurs millions d’euros” en additionnant, notamment, la logistique des invités, la sécurité et l’immobilisation du cinéma sur une journée, qui empêche d’assurer les séances habituelles. Il insiste sur le fait qu’il s’agit d’une “séance prestige” et rappelle que la salle reverse environ la moitié de la billetterie au distributeur.
Offre limitée, demande massive et “modèle Marvel” qui revient
L’autre clé est l’arithmétique. Alexandre Hellmann explique au Figaro qu’il anticipe plus de 10 000 demandes pour une salle qui ne peut pas pousser les murs, et que les prix sont calibrés sur la rareté des places. Il souligne aussi que, pour Marty Supreme, une partie du parterre est habituellement réservée aux invités, mais que cinquante sièges ont été rendus accessibles au public, un argument qu’il développe également dans 20 Minutes. Le directeur assume enfin que ce type de grille n’est pas nouveau : il cite, avant la période Covid, des avant-premières de films Marvel et évoque son intention de reproduire ce format sur d’autres gros lancements. Pour les fans qui refusent cette hausse, une alternative demeure : attendre la sortie nationale du film, annoncée au 18 février, au tarif classique.