Les pauses fraîcheur du Mondial 2026 continuent de faire parler. Critiquées pour leur aspect commercial, elles ont été défendues par Gianni Infantino, qui assure que la FIFA n’en tirera aucun bénéfice financier.
Pour rappel, pendant cette Coupe du monde, les matchs sont interrompus à deux reprises pour permettre aux joueurs de s’hydrater. Ces pauses de trois minutes sont prévues à la 22e minute et à la 67e minute de chaque rencontre. La mesure est présentée comme une réponse aux fortes chaleurs attendues pendant la compétition, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Problème, elles ressemblent davantage à un grossier prétexte pour insérer des pubs lors des retransmission télévisées.
La santé des joueurs comme justification officielle
Gianni Infantino défend ces pauses comme une mesure de protection. Selon lui, elles doivent permettre aux joueurs de tenir la distance dans une compétition longue, dense, disputée sur 39 jours, avec des équipes susceptibles d’enchaîner jusqu’à huit matchs. Le président de la FIFA avance également un argument d’équité sportive. À ses yeux, toutes les équipes doivent bénéficier des mêmes conditions pendant les matchs. Il estime qu’un entraîneur ne doit pas pouvoir profiter d’une pause accordée uniquement parce qu’il fait plus chaud dans une rencontre, alors qu’un autre, dans un match joué sous une température moins élevée, n’aurait pas la même possibilité d’ajuster son équipe.
Un découpage qui change le rythme des matchs
Cette décision modifie pourtant la structure même des rencontres. Avec deux pauses fixes, chaque match sera découpé en quatre « mi-temps ». Mais pour les critiques, ces pauses tuent la dynamique. Une interruption programmée à la 22e minute puis à la 67e minute casse totalement le rythme.
Des pubs à n’en plus finir
L’exploitation commerciale de ces interruptions fustige évidemment les critiques. Trois minutes d’arrêt, deux fois par match, à des moments connus à l’avance, représentent des fenêtres idéales pour les diffuseurs. Ces pauses arrivent en plein match, lorsque l’audience est captive, même si les joueurs n’ont pas besoin de boire. Et sont donc un parfait prétexte pour la publicité…
« La FIFA ne gagne absolument rien »
Face à ces accusations, Gianni Infantino rejette tout calcul financier. Il affirme que la FIFA « ne gagne absolument rien » avec ces pauses fraîcheur. Selon lui, il n’y aura pas de revenus supplémentaires, car les accords commerciaux ont déjà été signés en amont.
L’argument répond à une partie de la critique, mais pas à toute. Que la FIFA ne touche pas directement un revenu supplémentaire ne signifie pas que ces pauses n’ont aucune valeur économique. Elles peuvent bénéficier aux diffuseurs, aux annonceurs et à l’ensemble du produit télévisuel. Elles créent des espaces d’attention pendant l’événement sportif le plus regardé au monde.
Une défense pas vraiment crédible
La protection des joueurs est un objectif légitime. Les fortes chaleurs peuvent poser un vrai problème lors d’un Mondial estival. Mais le caractère systématique de ces pauses rend la défense officielle fragile.Une pause décidée en fonction de la température répond à une situation concrète. Une pause imposée à tous les matchs, quelles que soient les conditions, ressemble davantage à un choix de format. C’est là que la communication de la FIFA passe mal. En insistant uniquement sur la santé et l’équité, elle évite le point le plus évident : ces interruptions s’intègrent parfaitement aux besoins du spectacle télévisé.
Infantino peut assurer que la FIFA ne gagne « absolument rien ». Reste que ces pauses créent un nouvel espace exploitable dans chaque match. Et dans un Mondial déjà élargi, il est difficile de demander au public de croire que cet avantage commercial n’existe pas…