Des affrontements ont éclaté mercredi à Douala et dans plusieurs autres villes du Cameroun, après que le principal chef de l’opposition a rejeté la victoire proclamée du président Paul Biya à l’élection présidentielle. Le scrutin, marqué par des accusations de fraude et d’irrégularités, plonge à nouveau le pays d’Afrique centrale dans une crise politique tendue.
Le leader de l’opposition, dont le nom n’a pas été officiellement confirmé par les autorités, a promis de « résister jusqu’à la victoire finale », appelant ses partisans à descendre pacifiquement dans les rues pour défendre ce qu’il qualifie de « vote du peuple confisqué ». Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, il a accusé le régime Biya de manipuler les résultats électoraux et de « voler une fois de plus la démocratie camerounaise ».
Selon les premières estimations officielles, Paul Biya, âgé de 92 ans et au pouvoir depuis 1982, aurait remporté un nouveau mandat. Mais pour l’opposition, ce résultat ne reflète pas la réalité des urnes. Des organisations de la société civile affirment avoir constaté des irrégularités massives dans plusieurs bureaux de vote, notamment des bourrages d’urnes et des intimidations d’électeurs.
À Douala, la capitale économique, des centaines de manifestants se sont rassemblés dans les rues avant d’être dispersés par les forces de sécurité à coups de gaz lacrymogène. Des témoins font état de tirs sporadiques et de heurts violents entre manifestants et policiers. Plusieurs ONG locales rapportent des morts et des dizaines d’arrestations à Yaoundé, Bafoussam et Maroua.
Malgré les appels au calme lancés par certains leaders religieux et communautaires, la tension reste vive. Le gouvernement a condamné ce qu’il qualifie de « tentatives de déstabilisation » orchestrées par des groupes politiques refusant d’accepter la défaite.
Cette crise électorale survient dans un contexte déjà fragile, marqué par la persistance du conflit dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que par une situation économique difficile. Pour de nombreux observateurs, ces manifestations traduisent un profond malaise social et politique au sein d’un pays dirigé sans partage depuis plus de quatre décennies.