Au Nigeria, une communauté côtière menacée par la montée des eaux accuse l’inaction du Commonwealth
Au Nigeria, une communauté côtière menacée par la montée des eaux accuse l’inaction du Commonwealth

À Apakin, village de pêcheurs d’environ 3 000 habitants situé sur le littoral de Lagos, les vagues de l’océan Atlantique ne cessent de rogner les terres. En juin dernier, une forte houle a balayé la communauté, emportant filets, bateaux et même des tombes, accentuant l’angoisse des résidents face à une mer qui progresse inexorablement.

« Nous craignons que nos terres ancestrales ne disparaissent bientôt dans l’océan », a confié le chef local Abimbola Iyowun, alors que le village, vieux de plusieurs siècles, voit son existence même menacée. Les habitants ont perdu leurs logements et leurs moyens de subsistance, et vivent désormais dans la crainte de nouvelles vagues destructrices.

La montée du niveau de la mer, aggravée par le changement climatique, est considérée par les autorités de Lagos comme l’un des plus grands périls environnementaux pour les zones côtières du Nigeria. Mais des écologistes accusent les projets d’aménagement gouvernementaux, notamment les digues et remblaiements réalisés pour développer de nouveaux quartiers huppés, de précipiter l’érosion et de fragiliser davantage les villages traditionnels.

Les espoirs suscités par la « Charte des terres vivantes » du Commonwealth, qui promettait un soutien aux communautés les plus vulnérables, se sont dissipés. Faute de mécanismes d’application concrets, les habitants d’Apakin n’ont vu aucune aide arriver, et dénoncent une promesse restée lettre morte.

Alors que le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, fait face à l’avancée de l’océan sur son littoral, le sort d’Apakin illustre les tensions croissantes entre la pression urbaine, les effets du climat et l’inaction des grandes institutions internationales. Pour les résidents, la question n’est plus de savoir si la mer engloutira leur village, mais quand.

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