ABUJA — Le bilan humain s’alourdit au Nigeria après les inondations catastrophiques qui ont englouti jeudi la ville commerçante de Mokwa, dans l’État du Niger, à la suite de pluies torrentielles. Les autorités ont confirmé vendredi qu’au moins 111 personnes ont perdu la vie, tandis que les recherches de victimes se poursuivent dans des conditions difficiles.
Les fortes précipitations, qui ont duré plusieurs heures, ont entraîné la rupture d’un barrage dans une localité voisine, aggravant considérablement la montée des eaux, selon des responsables locaux cités par les médias nigérians. Des centaines d’habitants ont été déplacés, et de nombreuses habitations ont été submergées. Mokwa, située à environ 220 kilomètres à l’ouest d’Abuja, est un important carrefour commercial reliant les régions productrices du nord aux marchés du sud du pays.
Le porte-parole de l’agence de gestion des urgences de l’État du Niger, Ibrahim Audu Husseini, a précisé à l’Associated Press que le nombre de victimes pourrait encore augmenter. “D’autres corps viennent d’être retrouvés et n’ont pas encore été décomptés, mais nous avons déjà au moins 111 morts confirmés”, a-t-il déclaré vendredi après-midi.
Des images relayées sur les réseaux sociaux montrent l’ampleur du désastre : quartiers entiers immergés sous les eaux boueuses, toits à peine visibles, et habitants évoluant à moitié submergés, tentant de sauver leurs biens ou d’aider des proches à s’échapper. Le drame rappelle les inondations meurtrières survenues en septembre dernier à Maiduguri, dans le nord-est du pays, également causées par des pluies diluviennes et l’effondrement d’un barrage.
Les inondations saisonnières sont un phénomène récurrent au Nigeria, particulièrement dans les zones riveraines du Niger et du Bénué. Le changement climatique, en accentuant les épisodes extrêmes de sécheresse et de précipitations, aggrave la vulnérabilité de régions comme Mokwa, où l’infrastructure hydrique demeure largement insuffisante.
Le président du gouvernement local de Mokwa, Jibril Muregi, a dénoncé le manque d’investissements dans les ouvrages de drainage et appelé les autorités à accélérer la mise en œuvre de projets de résilience climatique longtemps attendus dans la région.