Le gouvernement nigérian a déclaré dimanche qu’il était disposé à accepter l’aide militaire américaine pour combattre les groupes islamistes actifs dans le nord-est du pays, à condition que cette assistance respecte pleinement sa souveraineté et son intégrité territoriale.
Cette réaction fait suite aux menaces du président américain Donald Trump, qui a affirmé samedi avoir demandé au Pentagone de se préparer à une éventuelle intervention militaire au Nigeria, évoquant ce qu’il a qualifié de « persécution des chrétiens » dans le pays le plus peuplé d’Afrique. Trump a précisé que des frappes aériennes ou l’envoi de troupes américaines au sol « étaient possibles » si la situation ne s’améliorait pas.
Dans un communiqué, le ministère nigérian des Affaires étrangères a indiqué que le Nigeria « appréciait le partenariat stratégique » avec les États-Unis mais « n’accepterait aucune action violant sa souveraineté nationale ». Les autorités ont également rappelé que la lutte contre les insurgés de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) relevait des forces armées nigérianes, avec le soutien de leurs alliés régionaux.
Des analystes locaux ont noté que, contrairement aux accusations de Washington, la majorité des victimes des attaques islamistes au Nigeria sont en réalité des musulmans vivant dans les zones rurales du nord du pays.
Cette nouvelle tension diplomatique intervient dans un contexte déjà fragile, alors que le Nigeria tente de stabiliser ses régions du nord-est et du centre confrontées à une recrudescence de la violence armée et à une crise humanitaire prolongée.