« Quelqu'un doit savoir » : le cold case chilien sur Netflix qui hante un pays entier depuis 26 ans
« Quelqu'un doit savoir » : le cold case chilien sur Netflix qui hante un pays entier depuis 26 ans

Disponible sur Netflix depuis le 15 avril 2026, Quelqu’un doit savoir (Alguien tiene que saber en version originale) est une mini-série en huit épisodes signée par les réalisateurs Fernando Guzzoni et Pepa San Martin. Elle revient sur l’une des affaires criminelles les plus douloureuses de l’histoire récente du Chili : la disparition de Jorge Matute Johns, 23 ans, le 20 novembre 1999, lors d’une soirée en discothèque à Concepción, à 500 kilomètres au sud de Santiago. Malgré la présence de plus de 300 personnes ce soir-là, personne n’a jamais su expliquer comment le jeune homme s’était évaporé sans laisser la moindre trace. Son corps ne sera retrouvé que cinq ans plus tard, en 2004, près d’une autoroute. Des examens toxicologiques pratiqués sur la dépouille exhumée révéleront la présence de penthiobarbital, un barbiturique, confirmant un empoisonnement et écartant définitivement l’hypothèse d’une noyade accidentelle.

Une fiction qui prend ses libertés, une famille qui souffre encore

Dans la série, le personnage principal se prénomme Julio Montoya, condition imposée par la famille Johns, qui avait finalement accepté le projet à la condition qu’aucun vrai nom ne soit utilisé. Mais le 2 avril dernier, la mère de Jorge Matute Johns est revenue sur cet accord dans une interview au média chilien Sala de Prensa, qualifiant la production de « violente envers ma famille » et martelant qu’elle « ne voulait pas que cette série soit faite ». Les scénaristes ont en effet pris plusieurs libertés avec les faits : le vieil inspecteur bourru qui mène l’enquête à l’écran est un personnage fictif, tout comme le prêtre lié par le secret de la confession, deux figures inventées pour incarner les thèmes de la culpabilité, de la foi et du silence. Dans la réalité, l’affaire avait été confiée à un groupe de policiers. L’enquête, critiquée pour sa lenteur, connut plusieurs rebondissements : les aveux puis la rétractation d’un ancien employé de la discothèque en 2007, l’arrestation de plusieurs suspects en 2014, tous relâchés faute de preuves.

Un système du silence au cœur du récit

Ce qui donne à la série sa force, au-delà du mystère non résolu, c’est l’exploration d’une culture du non-dit dans une communauté soudée où tout le monde se connaît. Le titre lui-même fonctionne comme une accusation collective : quelqu’un, parmi les centaines de témoins de cette nuit de novembre 1999, sait ce qui s’est passé. Mais personne n’a jamais parlé. À l’écran, ce silence s’incarne dans des personnages aux secrets multiples, un médium douteux, un professeur aux mœurs troubles, des jeunes qui se couvrent mutuellement. Les deux rôles principaux sont tenus par des figures majeures du cinéma chilien : Alfredo Castro, souvent comparé à Al Pacino, dans la peau de l’inspecteur, et Paulina García, actrice, metteuse en scène et dramaturge, dans celle de la mère éplorée. Vingt-six ans après les faits, l’affaire Jorge Matute Johns reste officiellement non résolue.

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