La journaliste a annoncé ce vendredi sa démission simultanée de CNews et d’Europe 1, où elle officiait depuis respectivement neuf et treize ans. Une décision lourde de sens, prise après plusieurs jours de tensions internes liées au maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini, définitivement condamné le 14 janvier dernier pour corruption de mineurs. Sonia Mabrouk avait publiquement pris position en direct pour rappeler son attachement « au respect » et à « la dignité », affirmant son soutien aux victimes et soulignant que « la justice française est passée ».
Depuis cette prise de parole du 20 janvier, les relations avec la direction du groupe se sont nettement dégradées. Malgré un entretien avec Vincent Bolloré et des échanges avec Serge Nedjar, la journaliste n’a pas obtenu de changement de position. Elle avait d’ailleurs disparu de l’antenne en début de semaine, prélude à cette démission devenue inévitable.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, Sonia Mabrouk évoque une « altération certaine et effective » de sa relation avec une partie de la direction, affirmant que « sa boussole restera la préservation de l’intérêt des victimes ». Sa décision illustre les fractures internes profondes provoquées par cette affaire au sein du groupe, où plusieurs figures éditoriales ont, en coulisses comme publiquement, exprimé leurs réserves.
Son avenir professionnel reste incertain à un an et demi de la présidentielle, alors que circulent déjà des rumeurs d’une possible arrivée sur le service public. Attendant un enfant et devant partir en congé maternité fin mars, la journaliste referme ainsi un chapitre majeur de sa carrière dans un climat de tension rarement vu au sein des médias du groupe.