Thierry Ardisson est mort ce lundi à l’âge de 76 ans, emporté par un cancer du foie. De nombreux hommages pleuvent sur les réseaux sociaux.
Sur X, la ministre de la culture Rachida Dati a déclaré :
« L’homme en noir n’est plus. D’émissions cultes en émissions cultes, Thierry Ardisson savait capter l’époque, la décrypter avec irrévérence et la décrire avec intelligence. Avec son style inimitable, son esprit libre et son goût de la transgression, il avait façonné la télévision d’aujourd’hui. Il restera pour toujours l’une des plus grandes figures du paysage audiovisuel français. J’adresse mes condoléances à sa famille, à ses proches et tous les téléspectateurs qu’il a amusés et qu’il a émus. »
De son côté, Catherine Barma, la productrice historique de Thierry Ardisson, a salué son complice de toujours : « De toutes les personnalités avec lesquelles j’ai travaillé, tu es de loin celui dont l’intelligence, ta culture et l’humour qui allait avec, m’ont le plus bluffée. Je revois le tournage de nos innombrables émissions, interminables pour tous ceux qui y participaient, mais pas pour nous, complice entre complice. Tellement de rires, d’engueulades aussi, parfois de silence mal compris et de rupture… mais à la fin, toujours la paix et ton rire reconnaissable entre tous. »
Autre personnalité de la télévision à rendre hommage à l’homme en noir, Michel Denisot : « Thierry Ardisson a créé un métier unique à la télévision qui s’appelle ‘Ardisson’, marqueur d’une époque successfull. Pensées pour Audrey Crespo-Mara, ses enfants et sa famille. »
De son côté, Léa Salamé a publié un très long message, affirmant :
« On a grandi avec lui. On ne sortait pas le samedi soir pour regarder ses émissions, parce qu’il se passait toujours quelque chose, parce qu’il sentait l’époque comme personne, parce que oui, tout le monde en parlait, le lundi matin à la machine à café.
Inventeur génial, concepteur insensé, il laisse une œuvre télé monumentale.
Je me souviendrai de Gorbatchev qui fait les marionnettes avec les mains, de Bret Easton Ellis, de Michel Rocard, de Jamel, Karl Lagerfeld, de Michel Houellebecq, et Christine Angot, des coups d’éclats, et des moments cultes, des « magnéto Serge », des interviews séquencées, des « tu préfères » des « par amour, tu pourrais embrasser les chaussettes sales de l’homme que tu aimes? ». On ne s’ennuyait jamais avec lui.
Il parlait à toute la France, les jeunes, les plus âgés, les intellos, les pas intellos, les branchés, les pas branchés. Il rassemblait toutes les France le samedi soir.
Il était flamboyant, érudit , excessif, provocateur évidemment. Il savait que « Dieu n’aime pas les tièdes » et il n’était pas tiède.
J’ai aussi découvert les dernières années, l’homme ultra sensible derrière les lunettes noires. Celui qui s’est effondré en larmes sur Inter la dernière fois que je l’ai reçu, en mai dernier, en parlant de ses parents et du livre de Nicolas Demorand qui l’avait « explosé », parce qu’il avait aussi été confronté à la bipolarité dans son entourage très proche.
Et puis l’homme amoureux. Fallait voir ses yeux quand il regardait Audrey, à qui je pense ce matin. Rarement vu un homme qui regarde sa femme avec autant d’amour et de tendresse.
Il avait mis en scène sa mort dans son dernier livre, « L’homme en noir» , à la manière de David Bowie, dont le dernier clip se terminait dans un cercueil. Quand j’ai lu le livre, je ne savais pas qu’il était malade. Aujourd’hui, je vais le relire, mais sans me marrer.
Dans ce livre, il disait rêver que son nom soit dans le dictionnaire. Il le sera.
Salut Thierry,
Merci pour tout. »
Enfin, la disparition de Thierry Ardisson suscite une vive émotion jusqu’au plus haut sommet de l’État. Dans un communiqué officiel, l’Élysée salue la mémoire de celui qui, selon ses mots, « a contribué à écrire l’histoire de la télévision française » et « maîtrisait à la perfection le sel du scandale ».
« L’homme en noir nous laisse en deuil », déclare la présidence de la République. Le communiqué souligne le rôle central qu’a joué Ardisson dans le paysage audiovisuel français, où il s’est imposé pendant plusieurs décennies comme animateur et producteur, aussi bien à la télévision qu’au cinéma. Sa voix reconnaissable entre toutes, son allure singulière, son goût pour la provocation et son sens de la formule ont durablement marqué l’imaginaire collectif. L’Élysée évoque un esprit vif, curieux, irrévérencieux, devenu au fil du temps une icône de la culture médiatique française…