Le piratage continue de peser lourd sur l’économie du football français. Auditionné au Sénat dans le cadre de la crise des droits TV, Nicolas de Tavernost, directeur général démissionnaire de LFP Media, a estimé que le piratage avait coûté environ 100 millions d’euros à Ligue 1+. Selon lui, la plateforme aurait pu compter 400 000 abonnés supplémentaires sans le streaming illégal et l’IPTV pirate.
Ligue 1+, un succès encore fragile
Lancée pour reprendre la main sur la diffusion du championnat, Ligue 1+ revendique aujourd’hui un peu moins de 1,1 million d’abonnés. Nicolas de Tavernost considère la plateforme comme un succès, mais le modèle reste encore fragile : pour sécuriser durablement les revenus des clubs, la Ligue doit continuer à convertir les spectateurs en abonnés payants.
La Ligue 1, première cible du piratage sportif
Le dirigeant de LFP Media a aussi rappelé que la Ligue 1 occupait une place centrale dans le piratage sportif en France. D’après ses propos, la moitié des requêtes liées au piratage adressées à l’Arcom concernent la L1. L’Arcom confirme de son côté que les blocages de contenus sportifs illégaux ont fortement augmenté, avec 4 212 blocages en 2024 par décision judiciaire et notifications de l’autorité.
IPTV, streams, VPN : le combat invisible
Le piratage ne se limite plus à quelques liens de streaming trouvés au hasard, mais passe aussi par des services IPTV illégaux, des boucles Telegram, des sites miroirs et parfois des VPN. Pour la LFP, chaque spectateur qui regarde illégalement un match est un abonné potentiel perdu. Et à l’échelle d’un championnat déjà fragilisé par les droits TV, l’addition devient énorme.
Des sanctions plus fortes réclamées
Nicolas de Tavernost plaide pour un durcissement de la lutte contre le piratage, y compris contre certains utilisateurs. Il estime que les sanctions actuelles ne sont pas assez dissuasives et voit dans les nouvelles propositions législatives un levier important pour accélérer les blocages et mieux protéger les diffuseurs.