Annoncé à l’automne par Emmanuel Macron, le nouveau service national militaire volontaire entre dans sa phase concrète. La campagne de recrutement s’ouvre officiellement ce lundi, à l’occasion d’une conférence de presse de la ministre des Armées Catherine Vautrin. Ce dispositif, fondé sur le volontariat, vise à proposer à des milliers de jeunes une expérience militaire de dix mois, à mi-chemin entre engagement civique, formation et cohésion nationale. Pensé comme un complément au parcours scolaire ou universitaire, ce service entend répondre à un double objectif : renforcer le lien entre la jeunesse et les armées, tout en offrant un cadre structurant à des volontaires en quête d’orientation ou de césure.
Un service ouvert aux jeunes de 18 à 25 ans, avec une montée en puissance progressive
Le service national militaire volontaire s’adresse aux jeunes Françaises et Français âgés de 18 à 25 ans. Le ministère des Armées indique viser en priorité les 18-19 ans, qui devraient représenter environ 80 % des effectifs, les 20-25 ans constituant le reste des recrutements. Aucune condition de diplôme n’est exigée. Le dispositif doit monter progressivement en puissance. La première promotion devrait compter environ 3 000 volontaires. L’exécutif affiche des objectifs plus ambitieux à moyen et long terme, avec 10 000 participants par an à l’horizon 2030, puis plus de 40 000 en 2035. Les volontaires percevront une solde mensuelle de 800 euros bruts, tandis que l’hébergement et l’alimentation seront intégralement pris en charge pendant la durée du service.
Modalités de candidature et articulation avec Parcoursup
La procédure de candidature repose en partie sur l’évolution de la Journée défense et citoyenneté, rebaptisée « Journée de mobilisation ». À l’issue de cette journée obligatoire, les jeunes se verront proposer un questionnaire leur permettant d’indiquer leur intérêt pour le service militaire volontaire. Ceux qui se déclareront intéressés seront ensuite recontactés par les services de recrutement. Les jeunes ayant déjà effectué cette journée pourront également candidater directement via les plateformes officielles de recrutement des armées de Terre, de l’Air et de l’Espace ou de la Marine, ou en se rendant dans un centre d’information et de recrutement des forces armées. Un numéro dédié est également mis à disposition. Les candidats rempliront ensuite un dossier plus approfondi portant sur leurs compétences, leurs centres d’intérêt et leurs éventuelles connaissances techniques ou linguistiques. Des entretiens de motivation, des évaluations sportives et des vérifications administratives viendront compléter la sélection. Les résultats seront communiqués au mois de mai, afin de coïncider avec le calendrier de Parcoursup. Les jeunes encore scolarisés pourront ainsi choisir de différer leur entrée dans l’enseignement supérieur sans perdre leur place, le service militaire volontaire étant reconnu comme une année de césure.
Une formation militaire encadrée, sans projection en opération extérieure
Les volontaires retenus seront incorporés dès l’été. Le premier mois sera consacré à une formation militaire initiale, incluant instruction au tir, apprentissage de la discipline collective, topographie et orientation. Les neuf mois suivants prendront la forme d’un service utile sur le territoire national, dans des missions d’appui, de soutien ou d’intérêt général. Le ministère insiste sur un point clé : les participants ne seront ni déployés en opérations extérieures ni envoyés dans des zones de conflit. Le service national militaire volontaire se veut avant tout un cadre de formation, d’engagement et de structuration, destiné à offrir aux jeunes une expérience militaire sans exposition aux théâtres d’opérations. Avec ce nouveau dispositif, l’exécutif entend relancer une forme d’engagement national adaptée aux attentes contemporaines, tout en renforçant la visibilité et l’attractivité des armées auprès de la jeunesse.