Scandale Nestlé : un rapport accablant qui secoue jusqu’à l’Élysée
Scandale Nestlé : un rapport accablant qui secoue jusqu’à l’Élysée

La commission d’enquête sénatoriale sur les eaux en bouteille a rendu ce lundi un rapport explosif mettant en cause de grands industriels, à commencer par Nestlé Waters. L’entreprise est accusée d’avoir utilisé des traitements interdits sur ses marques Perrier, Vittel ou Contrex, pourtant labellisées « eaux minérales naturelles », sans en informer les consommateurs. Pire encore : ces pratiques illégales, censées être réservées à l’eau du robinet, auraient été couvertes par un lobbying intense jusque dans les cabinets ministériels et à l’Élysée.

Le gouvernement soupçonné de complicité silencieuse

Selon le rapport, des responsables politiques et hauts fonctionnaires ont été alertés dès 2021, mais n’ont jamais déclenché de poursuites, ni même informé la justice, comme le prévoyait pourtant la loi. Plusieurs ministres auditionnés ont reconnu un « consensus » autour de l’absence de risque sanitaire, tandis que Nestlé plaidait pour une modification de la réglementation. En 2023, le gouvernement a finalement autorisé une microfiltration controversée, malgré l’opposition du directeur général de la santé. Des emails révélés récemment montrent que l’Élysée avait connaissance de la pollution des sources Perrier depuis fin 2024.

Un séisme sanitaire, économique… et politique

Au moins 30 % des marques d’eaux en bouteille sont concernées par ces pratiques interdites, selon l’Inspection générale des affaires sociales. Tandis que la justice est saisie pour « tromperie », les préfets commencent à réagir. Celui du Gard a déjà ordonné à Nestlé de cesser ses traitements non conformes sous deux mois. Au-delà du scandale sanitaire, c’est une affaire d’État qui se dessine, mêlant fraudes industrielles, inertie administrative et pressions politiques dans un secteur pesant plusieurs milliards d’euros et des milliers d’emplois.

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