Dès ce lundi 3 mars, de nouvelles règles de circulation s’appliqueront sur le périphérique parisien ainsi que sur les autoroutes A1 et A13. La Ville de Paris réactive les voies réservées, initialement mises en place lors des Jeux olympiques, et interdit désormais leur accès aux automobilistes circulant seuls, aux heures de pointe. Ce dispositif expérimental, soutenu par l’État, vise à favoriser le covoiturage et les transports collectifs afin de réduire la pollution et améliorer la fluidité du trafic.
Les nouvelles voies réservées s’étendent sur 26 kilomètres du périphérique, occupant la file la plus à gauche entre la porte de Bercy et la porte de Sèvres. Elles seront activées du lundi au vendredi entre 7h et 10h30 puis entre 16h et 20h. Seuls les véhicules avec au moins deux occupants, les taxis, les bus, les véhicules d’urgence et les personnes en situation de handicap pourront les emprunter. Des radars intelligents équipés de caméras infrarouges seront déployés pour identifier et sanctionner les contrevenants, bien qu’une période de tolérance de deux mois soit prévue avant l’application des amendes de 135 euros.
Si les autorités locales défendent cette initiative comme une avancée écologique et sociale, elle suscite une vive opposition. Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, ainsi que l’association 40 millions d’automobilistes dénoncent une mesure imposée sans consensus et redoutent une explosion des embouteillages sur les autres voies du périphérique. Face à ces critiques, la Ville de Paris et le gouvernement ont promis une évaluation régulière de l’impact du dispositif, avec une première analyse attendue d’ici trois mois.
Cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation du périphérique, qui a déjà connu une baisse de la vitesse maximale à 50 km/h. Elle marque une nouvelle étape dans la politique de réduction du trafic automobile à Paris, une évolution qui pourrait s’étendre à d’autres axes routiers si l’expérimentation s’avère concluante.