Jets privés et billets de luxe dans le viseur : une coalition veut faire payer les plus pollueurs
Jets privés et billets de luxe dans le viseur : une coalition veut faire payer les plus pollueurs

Huit pays, dont la France, ont annoncé ce lundi 1er juillet la création d’une coalition inédite pour taxer davantage les vols en classe affaires et les jets privés. Objectif affiché : faire contribuer les plus grands émetteurs de CO₂ dans l’aviation au financement de l’action climatique, avec une estimation de 187 milliards d’euros à la clé. Réunis à Séville à l’occasion d’une conférence de l’ONU sur le financement du développement, les gouvernements concernés (France, Espagne, Kenya, Barbade, Bénin, Somalie, Sierra Leone, Antigua-et-Barbuda) ont acté leur volonté de s’attaquer à un secteur jugé sous-fiscalisé. Une taxe spécifique sur les billets de classe premium et les jets privés est au cœur des discussions, portée par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez comme un levier de « résilience climatique » et de justice fiscale.

Un projet à vocation mondiale soutenu par la France

L’Élysée a confirmé son engagement dans cette initiative en soulignant qu’elle visait à améliorer les recettes des pays en développement, tout en finançant la solidarité internationale dans le contexte de la lutte contre le changement climatique. Paris mise sur une « plus grande progressivité » des dispositifs déjà existants, en encourageant les pays à adopter ou renforcer des prélèvements sur les trajets les plus polluants. L’idée n’est pas neuve. Elle avait émergé en 2023 lors de la COP28 de Dubaï, sous l’impulsion de la France, du Kenya et de la Barbade, qui avaient initié un groupe de travail sur les taxes dites de « solidarité mondiale ». Le rapport publié le 19 juin dernier estime qu’une généralisation de ces dispositifs à l’échelle internationale pourrait rapporter jusqu’à 187 milliards d’euros.

Greenpeace a salué l’annonce, y voyant une avancée majeure 

Selon l’ONG, l’ultra-élite voyage sans scrupule ni contrepartie. L’organisation appelle les États à concrétiser les promesses d’ici à la COP30, prévue en novembre prochain au Brésil. Pour les militants écologistes, l’aviation reste une « forme de mobilité de luxe » qui échappe encore largement à l’impôt. Reste à convaincre les plus grands acteurs du transport aérien, notamment les États-Unis, de se joindre à cette coalition. Car si l’idée progresse dans les débats internationaux, elle se heurte encore à de fortes résistances politiques et industrielles. Mais le ton change, et les gouvernements semblent désormais moins enclins à ménager les passagers les plus polluants.

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