Un secteur sous une menace croissante @Flickr
Un secteur sous une menace croissante @Flickr

Coup dur pour le fleuron automobile britannique. Jaguar Land Rover, propriété du groupe indien Tata Motors, a annoncé mardi que ses ventes et sa production étaient « gravement perturbées » par une cyberattaque. L’entreprise a expliqué avoir fermé ses systèmes informatiques pour contenir l’incident et tente désormais de relancer progressivement ses activités. Si, pour l’heure, aucun vol de données clients n’a été identifié, la paralysie touche directement les chaînes de fabrication et le réseau commercial. Ce revers s’ajoute à une série de secousses qui fragilisent le constructeur. Dès avril, JLR avait dû suspendre ses livraisons vers les États-Unis, pénalisé par les surtaxes imposées par Donald Trump. En juillet, ses résultats trimestriels confirmaient une nette baisse des volumes de ventes. Dans la foulée, la direction annonçait la suppression de 500 postes d’encadrement au Royaume-Uni, soit environ 1,5 % de ses effectifs britanniques.

Un secteur sous une menace croissante

La cyberattaque survient dans un contexte déjà difficile. Certes, un accord commercial conclu fin juin entre Londres et Washington a permis d’abaisser une partie des droits de douane américains, ramenés de 27,5 % à 10 % pour un quota annuel de 100 000 véhicules britanniques. Mais le constructeur reste fragilisé par les fluctuations du marché mondial et par la guerre commerciale transatlantique. L’attaque informatique s’inscrit aussi dans une vague de cyberagressions qui frappe actuellement le Royaume-Uni. Ces derniers mois, plusieurs enseignes de distribution, dont Marks & Spencer, Co-op et Harrods, ont été ciblées. M&S avait reconnu mi-mai le vol de données personnelles de ses clients et évalué l’impact de l’intrusion à plus de 300 millions de livres. La multiplication de ces incidents souligne la vulnérabilité des grandes entreprises, qu’elles appartiennent au commerce de détail ou à l’industrie lourde. Pour Jaguar Land Rover, l’urgence est désormais de remettre en marche un appareil industriel déjà affaibli par les secousses économiques et sociales des derniers mois. La cyberattaque agit comme un révélateur supplémentaire : à l’heure où l’automobile tente de se réinventer, elle demeure dépendante d’une infrastructure numérique exposée à des menaces capables de paralyser en quelques heures un constructeur mondial.

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