Une grève d’ampleur touche ce mardi 11 février les écoles parisiennes, avec 170 établissements fermés et 60 % des enseignants mobilisés selon le FSU-Snuipp. Ce mouvement intervient en réaction à la fermeture annoncée de 198 classes pour la rentrée 2025, conséquence des 110 suppressions de postes prévues dans la capitale. Une décision jugée inacceptable par les syndicats et les parents d’élèves, qui dénoncent une « saignée budgétaire » affectant les conditions d’enseignement.
Cette mobilisation vise également à protester contre la suppression d’un régime dérogatoire spécifique aux directeurs d’écoles parisiennes. Depuis 1982, ces derniers bénéficiaient d’une décharge de service dès cinq classes, contre douze ailleurs en France. La fin de cette mesure, mise en œuvre à la suite d’un désaccord entre la mairie de Paris et l’État, pourrait affecter une cinquantaine de directeurs, limitant leur capacité à assumer pleinement leurs tâches administratives et de gestion.
Les syndicats rappellent que Paris subit un traitement disproportionné, représentant 25 % des suppressions de postes nationales malgré une baisse démographique de seulement 3 %. Cette situation accentue les tensions dans un contexte où les remplacements sont déjà insuffisants et les classes surchargées, pénalisant particulièrement les élèves les plus fragiles. En trois ans, environ 500 classes ont été fermées dans la capitale, et aucune mesure compensatoire n’a été mise en place pour alléger la pression sur les enseignants.
La mairie de Paris, par l’intermédiaire de Patrick Bloche, premier adjoint d’Anne Hidalgo, propose une nouvelle convention pour maintenir le régime dérogatoire des directeurs. Toutefois, les syndicats jugent ces mesures insuffisantes et exigent non seulement le maintien des décharges mais aussi l’annulation des suppressions de postes et la création de nouveaux effectifs pour répondre aux besoins croissants.
Le rectorat de Paris, sollicité par les syndicats et les parents d’élèves, reste pour l’instant silencieux sur ces revendications. Ce mouvement social pourrait marquer un tournant dans la gestion des écoles de la capitale, tandis que les débats sur cette question seront abordés ce jour au Conseil de Paris.