Des plaintes restées sans suite avant le meurtre de Lyhanna
Des plaintes restées sans suite avant le meurtre de Lyhanna

Les inspections générales de la Justice et de la gendarmerie doivent remettre, ce lundi à 11 heures à Matignon, leurs premières conclusions sur les défaillances ayant précédé la mort de Lyhanna, 11 ans, retrouvée violée et tuée le 4 juin dans le Gers. Le suspect, Jérôme Barella, un homme d’une quarantaine d’années, avait déjà fait l’objet de plusieurs signalements et de plaintes pour viols sur mineurs sans jamais avoir été entendu ni placé en garde à vue. Le garde des Sceaux et le chef de l’État ont qualifié l’enchaînement de circonstances d’« immense échec » pour l’institution judiciaire.

Le dossier le plus scruté par les inspecteurs concerne une plainte déposée l’été dernier près de Toulouse par la mère d’une fillette de 10 ans, prénommée Rosa, qui accusait Jérôme Barella de viols répétés entre septembre 2024 et mai 2025. La procédure a transité plusieurs mois entre les parquets de Toulouse et d’Auch, transmise par voie postale, avant que les gendarmes n’établissent, sur la base d’expertises médicales et psychologiques, la vraisemblance des propos de l’enfant. Le mis en cause n’a pourtant jamais été contacté durant neuf mois, ce qui pousse aujourd’hui la mère de la fillette à envisager une plainte contre l’État pour faute lourde.

Des moyens jugés insuffisants

Sans attendre les conclusions officielles, Gérald Darmanin a déjà évoqué d’éventuelles sanctions, pouvant aller jusqu’à la révocation, en cas de fautes professionnelles avérées chez les magistrats ou gendarmes concernés. Plusieurs voix dans la profession, dont le magistrat Jérôme Pauzat, alertent toutefois sur le risque de réduire l’affaire à des fautes individuelles alors que les effectifs dédiés aux violences sexuelles sur mineurs resteraient structurellement insuffisants face au volume de dossiers à traiter.

Un rapport antérieur de l’inspection générale de la Justice, commandé en 2023 par Gérald Darmanin alors ministre de l’Intérieur, pointait déjà un système judiciaire engorgé et des moyens humains et informatiques jugés faibles dans les parquets. Des associations appellent à manifester ce lundi soir devant le ministère et plusieurs palais de justice pour exiger une loi « intégrale » contre les violences sexuelles, tandis que le Premier ministre Sébastien Lecornu privilégie la notion de « réponse intégrale », avec de nouvelles mesures attendues dans la loi sur la protection de l’enfance examinée cet été.

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