Lors du procès en appel de Christophe Ruggia, le réalisateur français accusé d’accusations d’agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel, le parquet général de Paris a requis contre le cinéaste une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont trois ans ferme. Les faits reprochés se seraient déroulés entre 2001 et 2004, alors qu’Adèle Haenel avait entre 12 et 14 ans, à la suite du tournage du film Les Diables.
Le procureur général a souligné devant la cour l’importance de prendre en compte la gravité et la répétition des actes, malgré l’ancienneté des faits, et s’est interrogé sur « Est‑ce que l’ancienneté des faits doit être un élément qui vient amoindrir la sévérité de la sanction (…) et justifie qu’il ne connaisse pas l’emprisonnement réel ? ».
Pour rappel, en première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait reconnu Christophe Ruggia coupable d’agressions sexuelles aggravées sur mineure et l’avait condamné à quatre ans de prison, dont deux aménageables sous bracelet électronique, en plus de dommages et intérêts à verser à la victime. Le cinéaste avait fait appel de cette décision, rejetant les accusations et niant toute violence sexuelle.
Lors de l’audience précédente, en décembre 2025, Christophe Ruggia avait de nouveau contesté les faits, affirmant qu’ils n’avaient « jamais eu lieu » et rejetant les accusations comme une « reconstruction ». Sa défense a mis en avant une version selon laquelle les reproches seraient liés à une rancœur personnelle après l’abandon d’un projet cinématographique. Ces arguments ont été vigoureusement contestés au cours des débats.
La vague #MeToo
L’affaire avait suscité une attention médiatique considérable dès les premières révélations publiques d’Adèle Haenel en 2019, qui avait déposé plainte après avoir dénoncé des attouchements et une emprise psychologique durant plusieurs années, débutant à l’âge de 12 ans. Ce procès est souvent mentionné comme un moment marquant dans la manière dont le mouvement #MeToo a transformé le traitement judiciaire des abus sexuels dans le monde du cinéma français.
La cour d’appel de Paris doit poursuivre l’examen du dossier avant de rendre sa décision sur la peine définitive.