Jacques Moretti, propriétaire du bar « Le Constellation » à Crans‑Montana, est connu de la justice française pour des affaires de proxénétisme remontant à une trentaine d’années et a été incarcéré en Savoie il y a environ 20 ans pour escroquerie, enlèvement et séquestration. Selon une source policière, il ne fait toutefois plus partie depuis longtemps du « spectre de la criminalité organisée ». Ces informations ont relancé l’attention sur le profil du gérant alors que l’établissement a été ravagé lors de l’incendie meurtrier de la nuit du Nouvel An.
Jacques Moretti défend la conformité de son établissement
Malgré son passé judiciaire, Jacques Moretti défend la conformité de son établissement. Il affirme que « Le Constellation » avait été contrôlé « trois fois en dix ans » et que « tout s’est fait dans les normes ». Lui et son épouse collaborent pleinement avec les autorités pour déterminer les causes du sinistre, qu’ils qualifient de « drame insoutenable ».
Le conseiller d’État Stéphane Ganzer a indiqué qu’aucun signalement concernant l’établissement n’avait été adressé au canton, et que l’Office cantonal du feu n’avait reçu aucun rapport de défectuosité ou de non‑conformité. Le couple a été entendu à titre informatif, mais n’a pas été placé en garde à vue ni mis en examen, comme l’a confirmé la procureure générale du Valais, Béatrice Pilloud.
L’enquête toujours en cours
Selon les premières investigations, une étincelle issue de sparklers fixés sur des bouteilles de champagne pourrait avoir enflammé des matériaux combustibles au plafond, déclenchant un embrasement rapide de la salle. Des témoins confirment avoir vu des serveurs portant des bouteilles avec des étincelles sous un plafond bas avant que le feu ne se propage. Les autorités n’écartent aucune piste, y compris la responsabilité pour négligence.
L’enquête se concentre désormais sur la conformité des systèmes de sécurité incendie, la gestion des sorties de secours et le respect de la capacité d’accueil. Ces éléments sont essentiels pour déterminer l’étendue de la responsabilité, alors que la tragédie a profondément marqué la station et ses habitants.