Une équipe internationale de chercheurs, dirigée par l’Université de Toronto, a mis en évidence un composé naturel extrait du gingembre, capable d’interagir de manière spécifique avec un récepteur nucléaire impliqué dans la maladie inflammatoire de l’intestin (IBD) et d’en réguler l’activité.
En analysant les propriétés chimiques du gingembre, les scientifiques ont découvert une forte affinité entre un composé nommé furanodionone (FDN) et le récepteur pregnane X (PXR), une protéine clé dans le contrôle de l’inflammation. Les expériences ont démontré que le FDN contribue à réduire l’inflammation du côlon en activant le PXR, limitant ainsi la production des cytokines responsables de l’inflammation.
Bien que ce composé soit connu depuis des décennies, ses effets biologiques précis n’ont été pleinement identifiés que récemment.
Jia Bao Liu, chercheur au Centre Donnelly pour la recherche cellulaire et moléculaire de l’Université de Toronto, a expliqué :
« Nos recherches ont révélé que l’administration orale du FDN réduit de manière significative l’inflammation du côlon chez les souris. L’identification du récepteur nucléaire ciblé par ce composé souligne l’intérêt des approches complémentaires et intégratives pour traiter les maladies inflammatoires de l’intestin. Nous pensons que les composés naturels offrent une meilleure précision dans la régulation des récepteurs nucléaires par rapport aux molécules synthétiques, ouvrant ainsi la voie à des traitements alternatifs plus accessibles et économiques. »
Le FDN présente plusieurs avantages qui en font un candidat thérapeutique prometteur :
Renforcement de la barrière intestinale : il favorise la production de protéines essentielles aux jonctions serrées, contribuant à la protection et à la réparation des tissus intestinaux affectés par l’inflammation.
Réduction des effets indésirables : son action ciblée sur le côlon limite les risques de complications dans le reste de l’organisme.
Les récepteurs nucléaires jouent un rôle fondamental dans la régulation du métabolisme et de l’inflammation. Le PXR intervient notamment dans le traitement des substances étrangères, telles que les médicaments et les toxines alimentaires, ce qui implique un contrôle précis de son interaction avec le FDN afin d’éviter des effets indésirables sur d’autres fonctions physiologiques.
Selon Henry Krause, professeur de génétique moléculaire à la Faculté de médecine Temerty de l’Université de Toronto et auteur principal de l’étude :
« L’incidence des maladies inflammatoires de l’intestin ne cesse d’augmenter, aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en développement, en raison de l’évolution des habitudes alimentaires vers une consommation accrue de graisses, de sucres et d’aliments transformés. »
Une alternative naturelle prometteuse contre l’inflammation intestinale