Des chercheurs ont analysé les données de plus de 160 000 femmes sur une période de 30 ans. Les participantes devaient déclarer, via des questionnaires périodiques réalisés tous les quatre ans, la quantité de boissons sucrées qu’elles consommaient chaque mois.
Après avoir comparé ces données aux cas de cancer de la bouche enregistrés – qui s’élevaient à 124 cas sur la durée de l’étude –, les chercheurs ont constaté que les femmes consommant au moins une boisson sucrée par jour étaient 4,87 fois plus susceptibles de développer un cancer de la bouche que celles qui en buvaient moins d’une par mois.
Ce risque accru persistait même chez les femmes ne fumant pas ou ne consommant pas régulièrement d’alcool, deux facteurs connus pour augmenter le risque de cancer de la bouche.
Bien que ces résultats soient significatifs, les chercheurs ont reconnu que l’étude n’avait pas pu mesurer la teneur réelle en sucre des boissons consommées, s’appuyant uniquement sur les déclarations des participantes concernant leurs habitudes alimentaires. De plus, l’analyse n’a pas inclus les sodas contenant des édulcorants artificiels.
Les chercheurs estiment que certains composants, comme le sirop de maïs à haute teneur en fructose, utilisé pour sucrer de nombreuses boissons aux États-Unis, pourraient jouer un rôle dans l’augmentation du risque de cancer. Des recherches antérieures ont montré que ce type de sucre pourrait contribuer aux maladies des gencives et affecter l’équilibre des bactéries buccales, entraînant des inflammations et des modifications cellulaires pouvant devenir cancéreuses.
Les experts soulignent que ces dernières décennies ont vu une augmentation mondiale inexpliquée des cas de cancer de la bouche chez les non-fumeurs. Certaines études suggèrent que le papillomavirus humain (HPV), transmis par voie sexuelle orale, pourrait être une cause possible, mais de nombreux cas restent sans explication.
Compte tenu de l’importance de ces résultats, l’équipe de recherche prévoit une nouvelle étude avec un échantillon plus large pour vérifier le lien entre la consommation de boissons sucrées et le cancer de la bouche. Les chercheurs ont également reconnu que le fait que l’échantillon soit uniquement composé de femmes constitue une limite de l’étude, ce qui signifie que les résultats ne s’appliquent pas nécessairement aux hommes.
Bien que le risque de cancer de la bouche demeure relativement faible, les chercheurs insistent sur l’importance de la prévention par des ajustements alimentaires afin de réduire les risques.
Enfin, les experts rappellent l’importance des examens dentaires réguliers, qui sont essentiels pour détecter le cancer de la bouche à un stade précoce, améliorant ainsi les chances de traitement.