Les femmes sont plus fréquemment touchées par des douleurs chroniques que les hommes, un constat longtemps expliqué par des arguments liés à une supposée sensibilité accrue. Des travaux publiés dans la revue Science Immunology avancent désormais une explication d’ordre biologique, en mettant en cause le fonctionnement du système immunitaire.
Menée par des chercheurs de l’université d’État du Michigan, l’étude s’est intéressée à un type précis de globules blancs impliqués dans l’atténuation de la douleur. Chez des souris, les scientifiques ont observé que certaines cellules immunitaires migrent vers les tissus lésés et libèrent une molécule capable d’inhiber les neurones responsables de la sensation douloureuse. Ce mécanisme serait stimulé par la testostérone, ce qui le rendrait plus efficace chez les mâles.
Une réponse immunitaire différente selon le sexe
Les chercheurs ont ensuite analysé des patients victimes de traumatismes physiques. Si hommes et femmes déclaraient une intensité de douleur comparable dans un premier temps, la diminution des symptômes était plus rapide chez les hommes. Des niveaux plus élevés de ces globules blancs spécifiques et de la molécule associée ont été relevés dans leur sang.
Ces résultats pourraient contribuer à mieux comprendre pourquoi certaines douleurs s’installent plus durablement chez les femmes et ouvrir la voie à des traitements plus adaptés. Des spécialistes soulignent toutefois que les mécanismes de la douleur restent complexes et multifactoriels, appelant à poursuivre les recherches pour affiner ces pistes thérapeutiques.