Chaque année, Septembre Turquoise sensibilise le public aux cancers gynécologiques, qui regroupent plusieurs maladies très différentes touchant le col ou le corps de l’utérus, les ovaires, la vulve et le vagin. En Guadeloupe, 985 cas ont été enregistrés entre 2018 et 2022, soit près de 200 par an. Le cancer du corps de l’utérus arrive en tête avec 480 diagnostics, devant ceux du col de l’utérus (276), de l’ovaire (181), de la vulve (28) et du vagin (20).
Les symptômes varient selon les organes concernés. Des saignements inhabituels, notamment après un rapport sexuel, entre les règles ou après la ménopause, doivent conduire à consulter. Une augmentation persistante du volume du ventre, des ballonnements, des douleurs pelviennes, des troubles urinaires ou digestifs peuvent notamment être associés au cancer de l’ovaire. Des démangeaisons durables, une plaie, une masse ou une modification de l’aspect de la vulve nécessitent également un avis médical. Ces signes peuvent avoir des causes bénignes, mais leur persistance ne doit pas être négligée.
Une prévention encore insuffisante en Guadeloupe
Le cancer du col de l’utérus est le seul cancer gynécologique bénéficiant d’un dépistage organisé. Celui-ci s’adresse aux femmes de 25 à 65 ans, y compris lorsqu’elles sont vaccinées contre les papillomavirus humains. Entre 2020 et 2022, la couverture du dépistage atteignait seulement 44,5 % en Guadeloupe, contre 59,5 % à l’échelle nationale et un objectif sanitaire fixé à 70 %. La vaccination contre les HPV, recommandée aux filles comme aux garçons de 11 à 14 ans avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans révolus, reste également peu répandue dans l’archipel : en 2026, elle concernait 26 % des filles et 14 % des garçons.
Si ces cancers deviennent globalement plus fréquents avec l’âge, ils peuvent également toucher des femmes jeunes. Entre 2018 et 2022, 100 cancers du col de l’utérus et 45 cancers de l’ovaire ont été recensés chez des Guadeloupéennes âgées de 20 à 49 ans. Les écarts de survie avec l’Hexagone demeurent par ailleurs préoccupants : pour les diagnostics établis entre 2008 et 2015, la survie à cinq ans atteignait 55 % pour le cancer du corps de l’utérus en Guadeloupe, contre 77 % dans l’Hexagone. Septembre Turquoise rappelle ainsi l’importance de la vaccination, du dépistage et d’une consultation rapide face à tout symptôme inhabituel.

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