Le scandale autour des eaux minérales de Nestlé prend une nouvelle ampleur. Ce mardi, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé avoir déposé plusieurs plaintes, visant à la fois le géant agroalimentaire Nestlé Waters et plusieurs membres actuels et anciens du gouvernement. L’organisation dénonce des “pratiques commerciales trompeuses” et l’“immobilisme” des autorités face à des traitements interdits pratiqués sur des eaux censées être naturelles.
Des traitements interdits sur des eaux «naturelles»
Au cœur de l’affaire : l’utilisation, pendant plusieurs années, de procédés de désinfection proscrits, notamment les ultraviolets et le charbon actif, sur des sites d’embouteillage de Nestlé Waters, qui commercialise notamment les marques Perrier, Vittel et Contrex. Or, selon la réglementation, une eau minérale naturelle ne peut faire l’objet d’aucun traitement modifiant sa composition.
Début 2024, plusieurs enquêtes avaient révélé ces pratiques. Nestlé Waters avait alors justifié ces traitements par des raisons de «sécurité sanitaire», déclenchant la colère des associations de consommateurs. Une procédure judiciaire est d’ailleurs déjà en cours à Paris à la suite de premières plaintes contre Nestlé et son concurrent Sources Alma (Cristaline, St-Yorre…).
Une double offensive judiciaire de l’UFC
Dans un communiqué publié ce mardi, l’UFC-Que Choisir indique avoir déposé deux plaintes distinctes :
Une plainte pénale contre Nestlé Waters, pour des faits susceptibles de constituer des falsifications aggravées, tromperies aggravées et pratiques commerciales trompeuses.
Une plainte devant la Cour de justice de la République contre quatre ministres, accusés d’inaction face au dossier : Agnès Pannier-Runacher, actuelle ministre de la Transition écologique, Roland Lescure, ancien ministre de l’Industrie, Aurélien Rousseau et Agnès Firmin-Le Bodo, anciens ministres de la Santé.
L’objectif : faire la lumière sur la responsabilité de l’État dans ce que l’association qualifie de “scandale sanitaire et démocratique.
Une “dissimulation” par l’État ?
La pression politique s’intensifie depuis la publication, mi-mai, d’un rapport accablant d’une commission d’enquête sénatoriale. Ce document évoquait une dissimulation par l’État de pratiques non conformes à la législation sur les eaux minérales.
L’UFC-Que Choisir ne se contente pas de ces actions judiciaires. Elle a également saisi le Tribunal judiciaire de Nanterre en référé d’heure à heure, une procédure d’urgence, pour exiger le retrait immédiat du marché de certains produits, leur rappel, l’interdiction temporaire de commercialisation, et la cessation des allégations trompeuses sur les bouteilles Perrier présentées comme des «eaux minérales naturelles.»
Ce scandale, qui mêle santé publique, transparence industrielle et inaction gouvernementale, ébranle la confiance des consommateurs dans un secteur pourtant perçu comme sain et réglementé. Alors que l’enquête judiciaire se poursuit, les conséquences pour Nestlé, et l’exécutif, pourraient être importantes….