Ils sont des milliers à avoir reçu cet été un courrier glaçant. Au retour des vacances, 4.400 patients du centre hospitalier de Maubeuge ont appris qu’ils pourraient avoir été exposés au VIH ou aux hépatites B et C après des soins dentaires. En cause, une inspection de l’ARS menée en janvier dernier qui a mis au jour des pratiques de stérilisation pour le moins légères dans un cabinet dentaire pourtant rattaché à un hôpital public. Pendant plusieurs années, les instruments et supports utilisés quotidiennement n’ont pas été correctement stérilisés. Les porte-instruments et tablettes sur lesquels reposaient les outils n’étaient que désinfectés plusieurs fois par jour, alors que seule la stérilisation permet d’éliminer complètement les agents infectieux. Le matériel en question n’étant pas destiné à entrer directement en bouche, l’établissement minimise aujourd’hui les risques. L’hôpital évoque une probabilité infime de contamination : 0,003 % pour le VIH, 0,005 % pour l’hépatite C et 0,3 % pour l’hépatite B. Mais cela n’a pas suffi à rassurer les patients, invités à passer un test de dépistage sans délai auprès de leur médecin traitant.
Des années d’imprudence révélées par un simple contrôle
D’après l’hôpital, tout serait désormais rentré dans l’ordre. L’établissement affirme avoir corrigé ses procédures dès la découverte des dysfonctionnements, en janvier, et assure respecter aujourd’hui les normes imposées par l’agence régionale de santé. Reste que cette mise en conformité tardive n’efface pas l’amertume de certains patients, sidérés de découvrir des négligences aussi fondamentales. Dans le courrier adressé aux concernés, le centre hospitalier admet que ses pratiques présentaient bien un risque de transmission virale. Si aucun cas d’infection n’a, à ce stade, été détecté, les familles concernées redoutent une bombe à retardement. Certaines dénoncent un silence prolongé, une réaction trop tardive, et un manque de transparence évident. Beaucoup, comme cette mère de famille inquiète pour ses enfants, ne comprennent pas pourquoi il a fallu attendre un contrôle externe pour que les protocoles soient enfin revus. L’affaire relance une question sensible : comment une telle faille peut-elle perdurer dans un établissement public sans qu’aucun signal ne soit donné ? À Maubeuge, les réponses sont attendues aussi fermement que les résultats des tests.