Incendie meurtrier dans une station alpine suisse - un hôpital submergé par l’afflux de jeunes brûlés (AP)
Incendie meurtrier dans une station alpine suisse - un hôpital submergé par l’afflux de jeunes brûlés (AP)

L’hôpital régional de Sion, habitué aux urgences liées aux sports d’hiver au cœur des Alpes suisses, a dû faire face à une situation d’une ampleur exceptionnelle après l’incendie survenu dans un bar de la station de Crans-Montana lors des célébrations du Nouvel An.

L’établissement a accueilli la majorité des blessés de l’incendie qui a ravagé le bar Le Constellation, provoquant l’afflux soudain de dizaines de jeunes victimes souffrant de brûlures graves. Selon Eric Bonvin, directeur général de l’hôpital, les blessés étaient pour la plupart des adolescents et de jeunes adultes, âgés en moyenne d’une vingtaine d’années. Leur jeunesse constitue un facteur d’espoir pour la guérison, même si le chemin vers le rétablissement s’annonce long.

Le responsable hospitalier a décrit une course contre la montre pour évaluer l’état réel des patients. Les brûlures ne sont pas toujours immédiatement visibles, car les terminaisons nerveuses peuvent être détruites, laissant les victimes en état de choc. Dans ces situations, chaque minute est décisive. Plusieurs blessés présentaient non seulement des brûlures cutanées, mais aussi des atteintes graves des voies respiratoires, dues à l’inhalation de fumée et de chaleur, une situation jugée particulièrement critique par les équipes médicales.

Malgré la période des fêtes, l’hôpital disposait d’un effectif relativement important, la fin d’année étant traditionnellement une période de forte pression dans le canton du Valais, où la population peut doubler en quelques jours avec l’afflux de touristes. De nombreux soignants, y compris ceux qui n’étaient pas de service ou qui se trouvaient en congé, sont néanmoins venus spontanément prêter main-forte.

En l’espace de trois heures, environ 80 blessés graves ont été pris en charge, saturant rapidement les capacités de soins intensifs d’un hôpital qui ne dispose pas d’un service spécialisé pour les grands brûlés. Toutes les salles d’opération ont été ouvertes, avant que de nombreux patients ne soient transférés vers d’autres établissements. À la fin de la semaine, une trentaine de blessés graves restaient encore hospitalisés à Sion.

La situation a été d’autant plus éprouvante que certains membres du personnel soignaient les victimes sans savoir si des proches, des amis ou des membres de leur famille figuraient parmi les personnes touchées. Le lieu de l’incendie était bien connu dans la région comme un point de rassemblement pour fêter le passage à la nouvelle année, renforçant l’angoisse et le choc émotionnel.

Pour les patients les plus gravement atteints, les soins intensifs devraient s’étendre sur plusieurs mois. Malgré la gravité des blessures, Eric Bonvin se veut toutefois prudemment optimiste. La jeunesse des victimes leur confère une capacité de récupération importante, même si la reconstruction physique et psychologique s’annonce longue et difficile.

Partager