Cancer du pancréas : à Grenoble, une radiothérapie au plus près de la tumeur testée pour la première fois en Europe
Cancer du pancréas : à Grenoble, une radiothérapie au plus près de la tumeur testée pour la première fois en Europe

À Grenoble, au CHU Alpes, une scène rarement montrée dit beaucoup de la médecine qui avance par petits pas très concrets. Sur un écran de contrôle, un chirurgien guide son geste et commente, presque à voix basse, comme pour ne pas déranger la précision du moment : « La tumeur et l’aiguille sont là. Maintenant, on va retirer l’aiguille en laissant la source dans la lésion. »

La « source », ce sont des dizaines de bâtonnets radioactifs déposés au plus près de la tumeur du pancréas, derrière l’estomac, grâce à une aiguille introduite par la bouche du patient, sous contrôle d’une caméra et d’une échographie. Première en Europe, selon l’équipe menée par le professeur Gaël Roth, oncologue digestif, cette radiothérapie ciblée vise un objectif assumé, presque martial : « mettre une sorte de coup de grâce » à ce qui résiste encore. Dans un pays où ce cancer reste l’un des plus redoutés, souvent diagnostiqué tard et peu sensible aux traitements classiques, l’idée de rapprocher l’irradiation au maximum de la lésion a quelque chose d’évident, presque de bon sens chirurgical.

Des « bâtonnets » radioactifs pour frapper juste

Des « bâtonnets » radioactifs pour frapper juste Le protocole ne promet pas une baguette magique, et c’est justement ce qui le rend crédible. Après l’intervention, les patients suivent deux mois de chimiothérapie « très allégée » sous forme de comprimés, avec plusieurs horizons possibles : pour certains, une chirurgie redevenue envisageable, pour d’autres, une pause thérapeutique prolongée, la maladie « endormie » et un quotidien moins écrasé par les soins. Une quarantaine de patients en France, atteints d’un cancer du pancréas localisé sans métastases, doivent bénéficier de cette approche, avant une confirmation attendue via un essai clinique plus large.

À l’étranger, une étude au Canada menée entre 2023 et 2024 sur 32 patients a déjà jugé la technique faisable, avec des effets indésirables le plus souvent bénins à modérés et peu d’effets graves. Reste maintenant le vrai juge de paix, celui qui ne se laisse pas impressionner par les « premières » : le temps, les résultats, et la place que cette option pourra prendre face à un cancer dont la progression pourrait en faire, dans les prochaines décennies, l’une des principales causes de mortalité par cancer.

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