Les vacances sont souvent présentées comme le moment le plus attendu de l’année. Pourtant, pour un nombre croissant de Français, le départ ne rime plus uniquement avec détente. Derrière les valises bouclées et les cartes postales parfaites se cache un phénomène de plus en plus évoqué par les psychologues : la « vacanxiété », cette anxiété liée aux vacances qui transforme parfois une période censée être reposante en véritable épreuve mentale.
Avant même de partir, les sources de pression s’accumulent. Il faut réserver au meilleur prix, choisir une destination qui convienne à toute la famille, organiser le transport, surveiller la météo, préparer les bagages ou encore s’assurer que rien n’a été oublié avant de fermer la porte de son domicile. À cela s’ajoute une pression plus insidieuse : celle de réussir ses vacances. Les réseaux sociaux, où défilent plages paradisiaques, hôtels de rêve et couchers de soleil impeccablement photographiés, renforcent l’impression qu’il faudrait vivre un séjour exceptionnel pour qu’il soit considéré comme réussi.
Retrouver le droit de ralentir
Cette quête de vacances parfaites peut paradoxalement empêcher de profiter pleinement du moment présent. Certains enchaînent les activités par peur de « perdre du temps », d’autres restent connectés à leurs courriels professionnels ou consultent sans cesse leur téléphone. Le cerveau ne bénéficie alors jamais de la véritable coupure dont il a besoin pour récupérer. Chez certaines personnes, le retour au travail devient même une nouvelle source d’angoisse, tant la déconnexion a été incomplète.
Les spécialistes rappellent pourtant que les vacances n’ont pas vocation à être une performance. Accepter les imprévus, réduire les attentes et s’autoriser des moments sans programme permet souvent de retrouver le véritable objectif de cette parenthèse estivale : ralentir, se reposer et partager du temps avec ses proches. Dans une société où tout s’accélère, savoir ne rien faire pendant quelques heures est peut-être devenu le plus grand luxe des vacances.
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