L’espace aérien du Yémen a brièvement été paralysé lundi, signe de l’escalade fulgurante dans le sud du pays après que les séparatistes du Southern Transitional Council, soutenus par les Émirats arabes unis, ont pris le contrôle d’une large partie d’Hadramout, région pétrolière stratégique. Selon un responsable gouvernemental, Riyad a temporairement refusé les autorisations de vol, perçues comme un avertissement direct adressé aux séparatistes, dont les avancées militaires menacent de fracturer l’alliance anti-Houthis et de précipiter un retour à la division nord–sud d’avant 1990.
À Aden, où les vols ont été interrompus plusieurs heures, des centaines de passagers sont restés bloqués jusqu’à la reprise progressive des opérations. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui contrôle le ciel yéménite depuis 2015, n’a pas commenté cette suspension.
Dans le sud, les forces du STC ont mené une offensive éclair : prise de Seiyun, des champs pétroliers de PetroMasila, du palais présidentiel, de l’aéroport, puis avancée jusqu’à Mahra, aux portes d’Oman. Le drapeau de l’ex-Yémen du Sud flotte désormais au-dessus de bâtiments officiels, symbole d’un mouvement sécessionniste plus déterminé que jamais. À Aden, des foules pro-indépendance ont envahi les rues, promettant de ne quitter les lieux qu’une fois la séparation actée.
Face à ce coup de force, le chef du Conseil présidentiel, Rashad al-Alimi, a exigé le retrait immédiat des forces soutenues par Abou Dhabi. Mais pour les analystes, le rapport de force a basculé : les Émirats apparaissent comme les grands gagnants, consolidant leur influence sur les ports et îles stratégiques du sud, du détroit de Bab el-Mandeb jusqu’à Socotra.
Reste désormais une question cruciale : comment réagira l’Arabie saoudite, dont la sécurité est directement impliquée ? L’avenir du Yémen pourrait bien se jouer dans les jours à venir, entre éclatement du pays, recomposition des alliances et risque d’un nouveau front dans une guerre qui dure depuis plus de dix ans.