Justifié par des années d’inaction face à une contamination persistante des sols, l’État vient d’être reconnu responsable par la justice dans l’affaire de la pollution autour de l’ancienne mine d’or de Salsigne, dans l’Aude. La décision du tribunal administratif de Montpellier, rendue mardi 22 juillet, marque une première victoire pour les associations environnementales et les riverains, mais elle ne clôt pas le dossier : la préfecture n’exclut pas de faire appel.
Une condamnation partielle, mais un symbole fort
Exploité intensivement pendant près d’un siècle, le site minier de Salsigne a fermé ses portes en 2004. Lourdement chargé en arsenic et autres métaux toxiques, le sous-sol du secteur reste profondément marqué par cette activité industrielle. L’affaire avait ressurgi en 2018, après de fortes crues liées à un épisode méditerranéen, qui avaient charrié des boues contaminées vers les propriétés voisines. C’est à la suite de ces coulées que des propriétaires privés, soutenus par quatre associations locales, ont décidé de porter l’affaire devant la justice.
Le jugement rendu cette semaine donne partiellement raison aux plaignants
Si le tribunal a rejeté la majorité des recours présentés, il a tout de même condamné l’État pour sa part de responsabilité dans la pollution persistante des sols. Une reconnaissance judiciaire qui pourrait faire jurisprudence pour d’autres cas similaires. Dans un communiqué publié deux jours après la décision, le préfet de l’Aude, Christian Pouget, a confirmé avoir « pris acte » du jugement, tout en soulignant que la plupart des demandes avaient été rejetées. Il rappelle que la direction des affaires juridiques du ministère de la Transition écologique a été saisie pour évaluer la suite à donner à ce dossier. Autrement dit, l’État se laisse encore le temps de décider s’il fera appel. L’affaire Salsigne s’ajoute à la longue liste des friches industrielles dont les pollutions ont été sous-estimées ou mal traitées. Et si l’aménagement des anciens sites miniers est souvent encadré par des plans de surveillance, la réalité environnementale, elle, continue de se rappeler au bon souvenir des autorités. Pour les riverains et les associations, cette décision reste une étape. Pas forcément celle de la réparation, mais au moins celle de la reconnaissance.