Le violent incendie qui s’est déclaré samedi 14 juin au soir sur un site industriel classé Seveso à Rognac, dans les Bouches-du-Rhône, est désormais maîtrisé. Mais si aucune toxicité n’a été détectée dans l’air, une pollution de l’étang de Berre a bien été confirmée par les autorités.
Un feu sur un site sensible
Le sinistre a débuté à 19h30 dans les entrepôts de l’entreprise Spur, spécialisée dans le traitement de déchets dangereux tels que pots de peinture, solvants ou aérosols. Classé Seveso en raison des substances stockées, le site a mobilisé jusqu’à 170 sapeurs-pompiers et près de 90 engins dans la nuit de samedi à dimanche. Un pompier et un gendarme ont été blessés, ainsi que trois autres personnes légèrement atteintes. Face à l’ampleur du sinistre, les autorités ont déclenché le plan particulier d’intervention (PPI), immédiatement suivi d’une campagne de mesures atmosphériques autour du site, notamment dans le hameau des Barjaquets et à La Fare-les-Oliviers. Dimanche matin, la préfecture a affirmé que les analyses de l’air n’avaient mis en évidence « aucune toxicité », ce qui a permis la levée des consignes de confinement.
Une pollution hydrique préoccupante
En revanche, les eaux utilisées pour éteindre l’incendie n’ont pu être totalement contenues par le bassin de rétention de l’exploitant. Une partie a donc fini sa course dans l’étang de Berre, provoquant une pollution confirmée par la préfecture. L’évaluation de l’ampleur de cette contamination est en cours, tandis que les autorités n’ont pas précisé la nature exacte des substances retrouvées dans l’eau. La ligne TER entre Miramas et Pas-des-Lanciers, suspendue durant l’intervention, a pu rouvrir, tout comme la route départementale également coupée pendant la nuit.
Retour progressif à la normale mais vigilance maintenue
Au petit matin, un foyer résiduel subsistait encore dans les ruines des entrepôts. Ce dernier a finalement été maîtrisé dans la matinée de dimanche, mettant fin à l’alerte. Près de 80 pompiers sont restés mobilisés dans la journée pour prévenir tout nouveau départ de feu. La préfecture a assuré que l’ensemble des moyens de surveillance environnementale restaient déployés. Une enquête devra désormais déterminer l’origine exacte de l’incendie et l’efficacité des dispositifs de rétention mis en place sur ce site à risques. En attendant, l’impact écologique sur l’étang de Berre reste un sujet d’inquiétude, dans une zone déjà fragilisée par la pollution industrielle.