Elles sont toutes deux centenaires, nées à la fin du XIXe siècle, avec un ancrage fort dans l’Aube et une image « so French ». Pourtant, l’été 2025 a scellé pour Petit Bateau et Le Coq Sportif des trajectoires radicalement différentes.
Petit Bateau sauvé par un repreneur américain
Cédée par le groupe Yves Rocher, Petit Bateau a trouvé refuge auprès du fonds américain Regent. Celui-ci a promis de maintenir la production en France, notamment dans son usine de Troyes, et de préserver les emplois. L’enseigne, qui a réalisé 178,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 mais accusé un déficit de 9,4 millions, emploie 2 400 personnes. Comme beaucoup d’acteurs de la mode française, elle souffre de la concurrence des géants du discount et du numérique, de la montée des plateformes de seconde main et de l’augmentation des coûts des matières premières.
Le Coq Sportif fragilisé et délocalisé
De son côté, Le Coq Sportif n’a pas résisté aux turbulences. L’entreprise, placée en redressement judiciaire, a été reprise par l’homme d’affaires franco-suisse Dan Mamane. Contrairement à Petit Bateau, la stratégie annoncée repose sur une délocalisation partielle de la production en Asie, au détriment du site historique de l’Aube. Ainsi, deux marques au patrimoine similaire connaissent des sorts opposés : l’une bénéficie d’une relance adossée à un investisseur étranger, l’autre affronte une perte de souveraineté industrielle et un avenir incertain. Signe des temps…