Quatre personnes ont été tuées dimanche au Cameroun lors de manifestations organisées par les partisans du candidat de l’opposition Issa Tchiroma, à la veille de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre. Selon l’opposition, les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser les rassemblements à Douala et dans plusieurs autres villes du pays.
Les heurts ont éclaté après l’annonce de nouvelles arrestations de cadres du parti de Tchiroma, déjà fragilisé par une vague de répression ces derniers jours. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des affrontements entre manifestants et policiers, des barricades en feu et une forte présence militaire dans les quartiers populaires de Douala.
Les autorités camerounaises n’ont pas encore confirmé le bilan communiqué par l’opposition, mais ont appelé au calme et à « respecter le processus démocratique jusqu’à la publication officielle des résultats ».
Issa Tchiroma, principal adversaire du président sortant Paul Biya, avait déjà dénoncé « de graves irrégularités » lors du scrutin, accusant le pouvoir de manipuler les résultats. L’annonce prévue lundi par la commission électorale s’annonce donc sous haute tension, dans un climat de défiance et de crispation politique.