Un mois après la mort de Dolly Parton à l’âge de 80 ans, une violente bataille judiciaire éclate autour de l’empire laissé par la star américaine. Bryan Seaver, neveu de la chanteuse et ancien responsable de sa sécurité, est accusé d’avoir proféré des menaces contre Danny Nozell, manager historique de Dolly Parton, ainsi que contre plusieurs personnes chargées de gérer ses intérêts professionnels.
L’affaire a pris une nouvelle dimension mercredi 23 septembre, lorsqu’un juge du Tennessee a accordé une ordonnance restrictive temporaire contre Bryan Seaver et sa société de sécurité, Squadron Augmented Protection Services. La justice lui interdit notamment d’entrer en contact avec plusieurs salariés, avocats et partenaires de She’s Alive, la structure créée pour gérer et protéger les activités professionnelles et l’héritage commercial de Dolly Parton.
Des messages jugés suffisamment inquiétants pour saisir la justice
La procédure repose notamment sur une série de messages et de courriels attribués à Bryan Seaver. Selon les documents judiciaires, le neveu de Dolly Parton aurait évoqué son expérience dans le secteur de la sécurité et comme prestataire militaire, son accès à des armes et ses capacités en matière de violence.
Dans l’un des messages versés au dossier, Bryan Seaver aurait écrit : « Je suis un tueur. » Dans un autre échange, il se serait décrit comme un « marchand d’armes international et mercenaire », avant d’ajouter : « Tout ce que je fais, c’est la guerre. »
Les responsables de She’s Alive affirment également que Bryan Seaver aurait menacé de s’en prendre aux activités commerciales liées à Dolly Parton et de nuire aux partenariats construits autour de la chanteuse. Il aurait notamment évoqué la création d’un podcast destiné à attaquer publiquement certaines entreprises partenaires et aurait accompagné cette menace d’une demande de paiement.
Pour la structure chargée de gérer les intérêts professionnels de Dolly Parton, ces propos ne relevaient plus d’un simple conflit professionnel. Plusieurs employés auraient cessé de venir travailler dans les bureaux ou quitté leur poste, tandis que des mesures de sécurité supplémentaires auraient été mises en place, y compris autour de certains domiciles.
Bryan Seaver avait travaillé pendant près de vingt ans pour Dolly Parton
La rupture est d’autant plus spectaculaire que Bryan Seaver appartenait depuis longtemps au premier cercle de la star. Fils de Cassie Parton, l’une des sœurs de Dolly Parton, il avait succédé à son père Larry à la tête du dispositif de sécurité de la chanteuse.
Il assurait depuis près de vingt ans la protection de plusieurs propriétés et activités liées à sa tante. Dolly Parton lui avait même confié une mission particulièrement personnelle : annoncer publiquement sa mort lorsqu’elle disparaîtrait. C’est donc Bryan Seaver qui avait pris la parole le 25 août dernier pour annoncer le décès de l’interprète de Jolene et I Will Always Love You.
Quelques semaines plus tard, le 16 septembre, lui et son entreprise ont été écartés de la sécurité des propriétés de Dolly Parton. De nouvelles équipes ont alors été déployées notamment autour de sa résidence de Nashville, de son musée et d’autres biens liés à son activité.
Une ordonnance restrictive à 305 mètres
Le 23 septembre, la justice du Tennessee a donné provisoirement raison à She’s Alive en accordant l’ordonnance restrictive demandée la veille. Bryan Seaver et sa société doivent désormais rester à plus de 1 000 pieds, soit environ 305 mètres, des salariés, avocats et partenaires commerciaux concernés par la procédure. Ils ont également l’interdiction de communiquer avec eux ou de perturber les relations commerciales de la société chargée de protéger l’héritage professionnel de Dolly Parton. Une nouvelle audience est prévue le 7 octobre. L’ordonnance actuelle est provisoire et ne constitue donc pas un jugement définitif sur les accusations portées contre Bryan Seaver.
Avant l’ouverture de cette procédure, le neveu de la chanteuse avait publiquement contesté les conditions de son éviction. Il avait qualifié la décision d’inattendue et jusque-là inexpliquée, tout en mettant directement en cause Danny Nozell et la banque impliquée dans la gestion du trust de Dolly Parton. Il affirmait alors que son équipe continuerait à défendre les volontés de sa tante et disait refuser d’être intimidée par ceux dont il jugeait les intentions intéressées.
Une fortune estimée à 450 millions de dollars
Cette bataille éclate autour d’un patrimoine considérable. Avant sa mort, la fortune personnelle de Dolly Parton était estimée à environ 450 millions de dollars. La chanteuse avait bâti au fil des décennies un véritable empire allant très au-delà de ses disques. Elle avait notamment conservé une partie essentielle des droits sur son catalogue musical, comprenant des titres comme Jolene, 9 to 5 ou I Will Always Love You. Son seul catalogue avait été évalué à environ 120 millions de dollars.
Dolly Parton possédait également des intérêts dans Dollywood, le gigantesque complexe touristique du Tennessee qui accueille plusieurs millions de visiteurs chaque année, ainsi que dans de nombreuses activités liées à l’hôtellerie, aux produits dérivés, aux cosmétiques et au divertissement. La disparition de la chanteuse a également provoqué une avalanche d’hommages de Taylor Swift, Beyoncé, Paul McCartney et de nombreuses autres stars.
La sœur de Dolly Parton nie toute guerre au sein de la famille
Face à l’ampleur prise par l’affaire, Frieda Parton, l’une des sœurs de Dolly Parton, a tenu à distinguer le conflit judiciaire d’une bataille générale entre les héritiers. Elle a assuré qu’il n’existait aucune guerre au sein de la famille Parton/Owens autour de la succession et a publiquement réaffirmé son affection pour Bryan Seaver.
La procédure oppose donc pour l’instant principalement le neveu de Dolly Parton à la structure chargée de gérer les activités et les intérêts professionnels de la star. Bryan Seaver conserve par ailleurs ses éventuels intérêts personnels dans le trust de sa tante malgré la rupture de son contrat de sécurité.
Moins d’un mois après la disparition de Dolly Parton, la gestion de son immense héritage commercial se retrouve ainsi devant la justice. L’audience du 7 octobre doit désormais permettre d’examiner plus précisément les accusations de menaces et d’intimidation formulées contre Bryan Seaver.

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