Longtemps accusés de faire grimper le cholestérol, les œufs ont mauvaise réputation auprès de certains consommateurs. Pourtant, les recommandations nutritionnelles ont considérablement évolué. Alors, manger un ou deux œufs chaque jour est-il réellement mauvais pour le cœur ?
Au plat, brouillés, à la coque ou en omelette : les œufs constituent l’un des aliments les plus simples de notre alimentation. Riches en protéines, relativement bon marché et faciles à préparer, ils ont pourtant été au centre d’une longue controverse.
La raison tient en un mot : cholestérol.
Le jaune d’œuf en contient une quantité non négligeable. Pendant longtemps, le raisonnement semblait donc évident : puisque trop de cholestérol dans le sang augmente le risque cardiovasculaire, manger des aliments contenant du cholestérol devait nécessairement faire grimper ce risque.
La réalité est plus compliquée.
Le cholestérol alimentaire n’est pas exactement le cholestérol sanguin
Notre organisme fabrique lui-même du cholestérol, principalement dans le foie. Il s’agit d’ailleurs d’une substance indispensable, notamment utilisée dans la fabrication de certaines hormones et des membranes cellulaires.
Le cholestérol présent dans notre alimentation peut influencer le taux sanguin, mais son effet varie selon les individus et dépend de l’ensemble du régime alimentaire.
Les graisses saturées occupent notamment une place importante dans l’augmentation du LDL-cholestérol, souvent surnommé « mauvais cholestérol ».
Autrement dit, regarder uniquement le nombre d’œufs sans s’intéresser au reste de l’assiette peut conduire à une conclusion trompeuse.
Un œuf, c’est aussi beaucoup de nutriments
Réduire l’œuf à son cholestérol serait oublier tout le reste.
Il constitue une excellente source de protéines complètes et apporte notamment des vitamines, des minéraux ainsi que de la choline, un nutriment jouant plusieurs rôles importants dans l’organisme.
Les œufs peuvent donc parfaitement participer à une alimentation équilibrée. La question devient surtout : avec quoi les mange-t-on ?
Deux œufs accompagnés de légumes et de pain complet n’ont évidemment pas le même profil nutritionnel qu’un petit-déjeuner composé d’œufs, de charcuteries grasses, de beurre et de plusieurs produits ultratransformés.
Peut-on en manger chaque jour ?
Pour la majorité des adultes en bonne santé, une consommation modérée d’œufs peut s’intégrer à une alimentation équilibrée. Il n’existe pas de raison scientifique de considérer qu’un œuf quotidien serait automatiquement dangereux pour le cœur.
Les grandes études consacrées au sujet donnent cependant des résultats parfois différents selon les populations étudiées, la quantité consommée et le régime alimentaire global. Il est donc difficile de fixer un nombre universel applicable à absolument tout le monde.
Une personne présentant un LDL-cholestérol élevé, un diabète, une maladie cardiovasculaire ou une situation médicale particulière peut avoir intérêt à discuter de son alimentation avec son médecin ou un diététicien.
Le mode de cuisson change-t-il tout ?
Un œuf reste un œuf, qu’il soit dur ou brouillé. Mais ce que l’on ajoute pendant sa préparation peut faire une différence.
Une omelette préparée avec beaucoup de beurre, de fromage et de charcuterie apporte davantage de graisses saturées et de calories que deux œufs pochés ou cuits avec peu de matière grasse.
Le problème attribué aux œufs vient donc parfois davantage de leur accompagnement que de l’œuf lui-même.
Et pour les sportifs ?
Les œufs sont particulièrement populaires chez les personnes cherchant à augmenter leurs apports en protéines.
Un gros œuf apporte environ 6 à 7 grammes de protéines. Les blancs sont particulièrement riches en protéines tandis que le jaune concentre une grande partie des vitamines, lipides et autres micronutriments.
Supprimer systématiquement tous les jaunes pour ne conserver que les blancs n’est donc pas nécessaire pour la plupart des gens.
L’alimentation se juge dans son ensemble
C’est probablement la principale leçon de plusieurs décennies de débats autour des œufs. Aucun aliment isolé ne permet à lui seul de déterminer si une alimentation protège ou menace la santé cardiovasculaire.
Quelqu’un peut manger des œufs régulièrement tout en consommant beaucoup de légumes, de fruits, de légumineuses, de céréales complètes et en pratiquant une activité physique régulière.
À l’inverse, supprimer les œufs tout en conservant une alimentation riche en produits très sucrés, charcuteries et graisses saturées ne constitue pas automatiquement une stratégie protectrice.
L’œuf n’a donc probablement jamais mérité d’être présenté comme l’ennemi absolu du petit-déjeuner. Comme souvent en nutrition, c’est moins ce que l’on mange une fois que ce que l’on fait tous les jours qui compte.

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